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The Legend of Zelda : comment une simple balade a inspiré la licence culte ?

On ne présente plus The Legend of Zelda, licence culte de chez Nintendo, créée par le non moins grand Shigeru Miyamoto il y a de cela 35 ans. Et c’est pourtant d’un tout petit rien que s’est inspiré le monsieur pour mettre au monde ce monument du jeu vidéo : les balades en pleine nature.

L’allégorie de la caverne version Miyamoto

On connaît le Japon pour ses grands temples, sa capitale ou encore ses spécialités culinaires, mais peu pensent aux merveilles dont regorgent ses petits villages ruraux, entourés de végétation. C’est le cas de l’ancien bourg de Sonobe,Shigeru Miyamoto a vu le jour et grandi. Enfant d’une famille aux revenus modestes, le jeune Miyamoto a peu de jouets et ne possède pas de télévision (qui commence tout juste à se répandre dans les foyers japonais et du monde entier). S’il fait preuve de créativité en fabriquant lui-même quelques jouets de fortune en bois qui prennent vie grâce à son imagination enfantine, c’est dans la nature environnante qu’il trouve son véritable terrain de jeu. Ce petit bourg de la préfecture de Kyoto est en effet traversé par une rivière et abrite de nombreux petits parcs et autres monts boisés.

Dès qu’il est en âge de le faire, le jeune Miyamoto s’aventure aux alentours de sa maison, à pied ou à vélo, afin de découvrir la nature qui l’entoure. Dans les poches, pas de téléphone (et oui, nous sommes dans les années 60), ni de carte permettant de trouver son chemin. C’est ainsi guidé par son instinct et sa mémoire qu’il part explorer le monde avec ses yeux d’enfant. Une expérience qui fait d’ailleurs écho à des jeux tels que The Legend of Zelda : The Wind Waker, où le joueur s’aventure à l’aveugle dans les méandres de différents lieux et donjons qui se dévoilent au fur et à mesure qu’il avance sur la mini-map.

Quand j’étais enfant, j’allais me promener et un jour, je suis tombé sur un lac. J’étais assez surpris de le trouver là. J’ai voyagé sans carte à travers le pays, essayant de trouver mon chemin, et j’ai découvert des choses incroyables au fur et à mesure de mes pérégrinations. Je me suis rendu compte de l’effet produit sur moi par de telles aventures.

Mais ce n’est pas pour autant ce sentiment qui fut à l’origine de The Legend of Zelda, mais plutôt une découverte bien particulière. À l’âge de sept ou huit ans, il trouve un petit mont, non loin d’un ancien sanctuaire Shinto, qu’il s’amuse à gravir et explorer. Mais le jeune Miyamoto ne s’attendait pas à y découvrir autant de lieux secrets. C’est pourtant ce qu’il s’apprête à faire quand, intrigué par une sorte de tunnel au sol, il décide de s’y aventurer. Oui mais voilà, il fait sombre et il lui est impossible de voir plus loin que le bout de son nez. Piqué dans sa curiosité, il décide d’y retourner le lendemain armé d’une petite lanterne. Le tunnel se dévoile alors à lui et l’emmène jusqu’à une petite caverne regorgeant d’autres tunnels qu’il peut maintenant découvrir à sa guise, à la fois apeuré, mais surtout émerveillé. Au fil des jours, il retourne en ce lieu afin de découvrir les autres petites grottes cachées au sein de la colline, en se perdant dans le dédale de tunnels les traversant… à la manière d’un donjon de The Legend of Zelda.

Au fil des interviews, Miyamoto est souvent revenu sur cette histoire, qui, à la manière de Platon, a constitué son propre mythe de la caverne. Ce mythe constitue aujourd’hui la base de la légende de ce prodige du jeu vidéo et de la licence culte qu’il a inspiré, mais aussi une allégorie de la vision même de Miyamoto : se laisser happer par les merveilles de l’exploration, pour retrouver son âme d’enfant.

The Legend of Zelda : Liberté, je crie ton nom !

20 ans plus tard, petit Miyamoto a bien grandi. Il travaille au sein de chez Nintendo depuis 1977 et a su se faire un nom dans le monde entier. Le bonhomme a posé sa signature et son savoir-faire sur les jeux ayant fait le succès de la firme nippone tels que Donkey Kong ou Mario Bros. C’est donc tout naturellement à lui et celui que l’on surnomme son « bras droit », Takashi Tezuka, qu’est confié la conception, en 1984, d’une toute nouvelle licence avec The Legend of Zelda.

Si au même moment le Japonais planche également sur Super Mario Bros. (qui sortira en 1985), c’est dans un style totalement différent qu’il souhaite se diriger avec Zelda : une grande aventure beaucoup moins dirigiste laissant place à l’exploration et l’émerveillement. Sept ans après son arrivée chez Nintendo, le jeune homme veut produire un projet plus personnel et laisser parler l’enfant qui sommeille en lui, celui qui se baladait dans les forêts et grottes cachées de Sonobe. Il ajoute à cela quelques inspirations tirées de jeux à succès du moment, comme Hydlide et The Tower of Druaga, ainsi qu’une bonne dose de créativité, et ainsi sort en 1986 l’innovant premier Zelda.

Avec son gameplay simple et accessible, The Legend of Zelda premier du nom ne favorise pas la performance mais bien l’exploration libre, sans indication précise. Un postulat quelque peu déroutant à une époque où les open-world ne pullulaient pas comme aujourd’hui. Si bien qu’à la sortie du jeu, de nombreux joueurs se sont plaints de l’impossibilité de retrouver son chemin dans les méandres des différents donjons. Même le directeur de Nintendo de l’époque, Hiroshi Yamauchi, se montrera perplexe face à cette (trop) grande liberté :

On ne va pas vendre un jeu dans lequel le joueur ne sait pas où se situe son objectif !

Il y avait de quoi être sujet à l’appréhension donc, et pourtant le jeu rencontre un grand succès, d’abord critique mais surtout commercial. Lors du premier mois d’exploitation aux Etats-Unis, The Legend of Zelda s’écoule à plus d’un million d’exemplaires. Au total, ce seront plus de 6 millions et demi de cartouches qui seront vendus à travers le monde, plaçant le jeu à la cinquième place du classement des jeux Nintendo les plus vendus sur NES. Ce premier opus a également ouvert la voie pour une licence devenue culte qui perdure encore aujourd’hui, 35 après sa sortie, et plus forte que jamais grâce à l’excellent Breath of the Wild.

Breath of the Wild : le jardin miniature dont rêvait Miyamoto

Si aujourd’hui Miyamoto n’est plus aussi présent dans le processus de développement des jeux Zelda, son esprit et sa vision perdurent bel et bien et ont trouvé en Breath of the Wild une sorte d’apogée. Bien qu’il soit profondément différent des précédents opus de la saga (Eiji Aonuma, producteur de la licence, annonçait à l’époque vouloir « repenser les conventions de Zelda »), à bien y réfléchir, il fait probablement parti de ceux se rapprochant le plus de la volonté initiale de Miyamoto.

Avec ses grandes étendues d’herbes à explorer, ses montagnes à gravir ou encore ses milles secrets à découvrir, Breath of the Wild est une ode à l’exploration, un jeu où on se laisse perdre facilement et avec plaisir, happé par notre seule curiosité. Pour beaucoup de joueurs, la quête de Link devient vite anecdotique face à l’appel de cette carte immense qui ne demande qu’à être découverte. Miyamoto le premier puisque que, selon Hidemaro Fujibayashi, directeur sur le jeu, lors de la première présentation du jeu, ce dernier a passé une heure à simplement grimper aux arbres.

Ainsi, la liberté, l’exploration, la nature et l’émerveillement qu’elles peuvent susciter, qui ont forgé l’enfance de Miyamoto, n’ont jamais autant été au coeur des jeux Zelda qu’aujourd’hui. Et pour ceux que cela enchante, il y a de quoi se languir du prochain opus prévu pour 2022. Et en attendant, pourquoi ne pas vous plonger dans les traces du jeune Miyamoto, en vous aventurant dans les plaines florissantes de Breath of the Wild, pour y trouver, qui sait, votre propre caverne regorgeant de secrets ?

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