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Test de Tails of Iron par jeuxvideo.com

Au départ de niche, la saga Dark Souls est aujourd’hui connue de toutes et tous pour sa difficulté légendaire et ses combats de boss enivrants. Cette popularité soudaine a bien entendu donné des idées à d’autres développeurs, à commencer par la scène indépendante. Après Acid Nerve avec Death’s Door, c’est maintenant au tour du studio Odd Bug de proposer une création exigeante où adresse et dextérité sont de mise. Le jeu d’action et d’aventure 2D Tails of Iron est-il à la hauteur de ses modèles ? C’est ce que nous allons voir.

Le soleil est à peine levé que déjà le ménestrel joue de la trompette au pied du lit du rat Redgi. Eh oui, c’est un grand jour pour le jeune prince… Son père, le roi Rattus, est bien trop vieux pour veiller sur sa cour et cherche un digne successeur pour accomplir cette tâche. Et comme vous vous en doutez, c’est Redgi qu’il choisit comme héritier. Mais alors que le valeureux prince s’apprête à recevoir la couronne ainsi que son nouveau titre, le roi grenouille du royaume voisin envahit les terres saintes de Rattus pour les condamner aux flammes.

Fait comme un rat

Le joueur, maintenant dans les bottes en cuir de Redgi, n’a pas le temps de s’accomoder de la vie de château, des différents animaux qui l’habitent ou même des décors en deux dimensions joliment dessinés à la main par les développeurs d’Odd Bug Studio… Il doit en effet croiser le fer avec les envahisseurs, de gigantesques grenouilles armées jusqu’aux dents et parées de solides boucliers. Et cela tombe bien puisque dans Tails of Iron, c’est ce que vous allez faire le plus clair de votre temps. En effet, même si le jeu d’aventure est teinté de quelques nuances d’un Metroidvania (un genre vidéoludique mêlant plateformes et exploration en monde ouvert), le titre axe surtout son gameplay autour des affrontements. Mais attention, malgré sa direction artistique enfantine, la production, avant tout présentée comme un successeur des Souls, n’est pas à mettre entre toutes les mains. Autrement dit, même si le rongeur peut enchaîner facilement des attaques légères, faire vaciller l’ennemi avec des coups chargés ou décocher des flèches, ici, il est plus prudent de rester sur la défensive si vous ne voulez pas mourir en boucle face aux assauts répétés des amphibiens en colère.

Tout le système de combat est parfaitement ficelé, et même s’il se montre exigeant, il n’est en rien punitif. Les checkpoints, toujours bien placés, vous proposent de prendre votre revanche en deux ou trois mouvements et heureusement puisqu’il est souvent nécessaire de s’y prendre à deux fois pour surmonter une rencontre périlleuse. Dans un premier temps, pour étudier en détail le comportement des ennemis et, dans un second temps, pour esquiver leurs attaques en exécutant des roulades ou de magnifiques contres. Malheureusement, si les sensations sont là lors des combats (on a littéralement peur pour le destin de notre héros moustachu) et si le bestiaire est varié, la formule, elle, se montre redondante, la faute à un manque de possibilités. Le joueur ne débloque aucune nouvelle aptitude après la première heure de jeu sur les 8 ou 9 demandées pour terminer le tout à 100%.

Tails of Iron : On croise le fer avec des insectes

Pour contrer ce petit désagrément, Tails of Iron dispose d’une dimension RPG… mais cette dernière est survolée. Tout au long de l’aventure, Redgi récupère de nombreuses armes et armures aux caractéristiques différentes. Une armure lourde fournit une meilleure protection, tandis qu’une plus légère offre une meilleure mobilité. Mais dans les faits, le soft favorise grandement la seconde option, l’esquive étant primordiale pour éviter les attaques de zone et sortir victorieux d’un combat. Même bilan en ce qui concerne les armes : manier une épée, un marteau ou une hache ne change en rien l’approche.

Téma la taille du rat !

Tails of Iron, ce n’est pas simplement un système de combat, c’est aussi un monde fantastique que le joueur peut explorer librement. Après avoir arpenté les couloirs tapissés et éclairés à la bougie du château, Redgi s’aventure dans les forêts alentours, parcours de sombres marais, sillonne une ville souterraine charmante ou traverse des mines et des cryptes parsemées d’insectes hostiles et de grenouilles zombies. Dans tous les cas, chaque lieu profite d’un coup de crayon maîtrisé rappelant directement le monde de la bande dessinée. Les arrière-plans, quant à eux, sont fournis et vivants, habités par des villageois qui s’adonnent à leurs occupations ou par des ennemis qui vous observent du coin de l’œil. Cette vie est renforcée par un sound-design global détonant. On peut entendre au loin les différents rats couper du bois ou nourrir du bétail, tandis que les bardes, eux, rythment l’ensemble avec de magnifiques compositions à la flûte ou au tambour.

Le vent dans les saules :

Si l’histoire n’est pas forcément ce qui motive le joueur à avancer, il faut bien reconnaître que Tails of Iron nous conte, par le biais d’une voix off chaleureuse, une aventure fascinante. Loin d’être manichéenne, cette dernière mêle efficacement actes de bravoure, drames et comédie et offre, à l’image de Le vent dans les saules, le roman populaire de Kenneth Grahame, une galerie d’animaux anthropomorphes charismatiques et attachants.

Toutefois, tout comme la dimension RPG du titre, ce monde est sous-exploité. Malgré la présence de chemins tortueux, Tails of Iron ne récompense jamais l’exploration puisque les rares quêtes secondaires disponibles vous emmènent quelques minutes plus tard visiter ces mêmes lieux. D’ailleurs, ces missions annexes n’ont d’annexe que de nom. En effet, pour avancer dans l’histoire, le joueur doit amasser quelques pièces d’or et pour les obtenir, il faut impérativement remplir ces fameux objectifs… et c’est là, notre plus grosse déception. Ces tâches rébarbatives demandent aux joueurs de faire de nombreux allers-retours inintéressants.

Points fortsDes combats réussis demandant patience et dextérité…Un monde fascinant et vivantUne direction artistique ravissanteDe nombreux boss à combattre aux capacités différentesLa voix du conteur (Doug Cockle) particulièrement apaisantePoints faibles… mais qui conservent toujours la même approcheUne dimension RPG sous-exploitéeDe petites longueurs inutiles et de trop nombreux allers-retoursUn monde qui ne récompense pas suffisamment l’exploration

Même si Tails of Iron a quelques défauts, à commencer par ses allers-retours et son système de combat qui manque d’évolution, le titre est tout simplement charmant. Aidée par sa panoplie de personnages charismatiques, ses visuels somptueux et ses combats réussis demandant précisions et coordinations, la création d’Odd Bug Studio offre un magnifique voyage que l’on ne peut que vous conseiller… tout du moins, si la difficulté ne vous effraie pas.

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Par JeromeJoffard, Rédaction jeuxvideo.com

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