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On a pass 4 heures Night City, nos impressions entre euphorie et craintes


Vous aurez peut-tre envie de dire qu’il n’y a pas de justice. Alors qu’il vous faut, chres lectrices et chers lecteurs, encore digrer l’annonce tout frache du report de Cyberpunk 2077 de septembre novembre, ces fichus journalistes ont la chance de pouvoir l’essayer. On vous arrte tout de suite dans votre salve de jurons entrecoups de “pourquoi pas moi, hein, hein ?”, car il faut garder l’esprit que, mme s’il s’agit d’un privilge longtemps attendu, disons au moins depuis le premier trailer de 2013, on reste dans le cadre d’une preview d’un projet non, encore fini. Et qui a, c’est certain, en dpit des qualits sur lesquelles nous allons nous tendre, encore certaines choses prouver avant de nous convaincre pleinement.

Comme vous vous en doutez, avec la pandmie de COVID-19 dont il faut toujours se mfier, les dplacements sont viter. Impossible donc de se rendre Varsovie, chez CD Projekt RED, ou mme d’accueillir les dveloppeurs dans notre beau pays pour avoir un contact direct avec le jeu. Pour cette premire prise en mains, pas d’autres choix que de passer par le streaming. Avec ce que cela implique comme dsavantage, en dpit d’une connexion en bton arm : une perte de qualit d’image. De fait, et autant le confesser d’emble, cette solution empche de vous livrer une valuation parfaite de ce que Cyberpunk 2077 promet en termes de ralisation. Les caprices d’un affichage plus ou moins pixelis ont permis de discerner quelque chose de classieux, de jour comme de nuit, profitant d’effets de lumire tout fait splendides et de modlisations des plus apprciables. Mais vous comprendrez que tant que l’on n’est pas proximit de la version, on peut simplement supputer que le rendu sera bien celui des diffrentes vidos et des visuels partags jusqu’ici, qui n’augure que du bon, notamment en termes d’utilisation du Ray Tracing, qui devrait magnifier l’atmosphre. Ceci tant dit, il y a bien d’autres lments sur lesquels s’attarder.

Ville de lumires

Recentrons-nous sur l’exprience que nous avons vcue : quatre heures de jeu en partant du tout dbut, avec une ellipse dans le scnario principal histoire d’entrer dans le vif du sujet, savoir Night City. Et que dire de cette mgalopole futuriste situe dans l’tat libre de la Californie du Nord une fois qu’on y a mis les pieds ? Qu’il apparat clair qu’elle a bnfici du plus grand soin pour apparatre vivante, htroclite et parfaitement reprsentative du genre Cyberpunk dans toutes ses reprsentations. Les diffrentes zones que nous avons pu traverser, en restant toujours dans les environs des quartiers de Little China, Kabuki Central et Kabuki Market nous laissent voir circuler ou stationner des foules de gens aux morphologies et tenues diverses, permettant quasiment de les cerner en un clin d’oeil, avec ou sans augmentations technologiques ostentatoires. On est rapidement submerg par une telle densit de population et pris de vertige face au nombre de petites ruelles que l’on arpente en quittant les grandes places et les routes imposantes.

Aprs avoir lev la tte pour admirer les buildings qui semblent sans limites ou profit d’une place plus ensoleille mais noire de monde, il est facile de se perdre, d’emprunter une passerelle vers un coupe-gorge lugubre o se trouvent deux personnes dguises en chats (qui, si l’on limine, mettent un miaulement hilarant en guise de dernier soupir), de monter les escaliers d’un immeuble insalubre o tranent des junkies compltement dconnects, ou de finir dans une bote de nuit o les sons lectros agressifs couvrent peine les diffrentes conversations auxquelles vous prtez l’oreille. Quel que soit l’endroit o vous vous trouvez, vous avez l’impression d’y tre rellement. L rside srement la premire force de Cyberpunk 2077 : Night City a, en plus d’une esthtique naviguant entre kitsch et no-militaire, entre couleurs flashy et ambiance noire qui ne se refusent aucune rfrence, normment offrir pour favoriser l’immersion et procurer un sentiment de libert presque enivrant. Bien que nous n’ayons pu interagir avec tous les lments rvls par l’immense carte ou les PNJ notre porte, la faute une version loin d’tre finale, il est d’ores et dj acquis qu’il faudra un certain temps avant de dompter ce monde ouvert, qui raconte dj beaucoup d’histoires travers ses environnements, ses habitants et ses publicits, et d’en devenir un citoyen part entire. Attendez-vous tre dbord.

Les trois chemins

Ce sentiment, on l’a finalement trs vite. Avant mme que la partie commence. Ds la cration de son avatar, en fait. Qui sera votre V (comme est appel(e) le/la protagoniste ?). Rien que cette premire question pose au lancement du jeu, rappelant que, cette fois, vous ne campez pas un personnage issu de l’imagination d’un romancier, ressemble presque un acte de mchancet. Trois profils, trois backgrounds se proposent vous : un(e) membre d’un clan Nomad, habitu la vie sur la route piller ce qui peut l’tre, honnte, intgre, et m par un dsir de libert ; un(e) gamin(e) des rues qui ne connat que trop bien la loi du plus fort ; un(e) ex-corpo d’Arasaka ayant pu manipuler secrets et informations sensibles. Rien que cette dcision parat tendue – et laisse penser qu’il y aura une certaine rejouabilit, puisqu’une “classe” peut disposer de ses propres rponses dans certains dialogues.

Vient ensuite le temps de l’apparence. Homme, femme, transgenre, choix de la forme du visage jusqu’aux parties gnitales en passant par le timbre de la voix et la couleur des ongles. Beaucoup de possibilits pour cette incarnation qui va vous reprsenter durant plusieurs dizaines d’heures. Enfin, les attributs lis au corps (pour la force et la rsistance), l’intelligence, aux rflexes, la technologie et le cool, qui peut se rsumer la faon dont les autres vous voient et vous peroivent. Tous trois points de base, il faut en rpartir sept. Essayant de ne pas perdre du temps sur le dlai accord, votre serviteur aura dcid d’y aller avec une V rousse, canon, pierce, balafre, Nomade, plutt moyenne partout. Vous l’avez devin, cela va voluer.

Au commencement tait V

Aprs cette partie sur laquelle les plus indcis risquent de passer du temps, a commence. On dcouvre notre V Nomad dans un garage, retirant un patch de sa veste face un miroir, seul moyen de voir cette “cration” que l’on n’incarnera qu’en vue subjective. Le mcano n’a pas l’air de vouloir rparer notre tire autrement qu’avec un supplment, malgr notre insistance. On prend donc les choses en mains, et aprs avoir chang un cble de place, le bolide est prt repartir. L’homme de loi du coin, Andrew Jones, fait irruption pour rouler des mcaniques. On reste poli, dans les limites du possible. Avant de sortir.

Ce prologue – d’autres sont prvus pour les voies dcrites plus haut, avec des personnages diffrents – prend place dans un bled du dsert, o des groupes de pquenauds prtent peine attention notre prsence. Cela tombe bien, pas question de rester dans ce trou perdu. Direction une antenne de communication rparer pour retrouver la trace d’un contact pour la mission en cours. Nous rencontrons Jackie Welles. Avenant, plutt costaud, aimant mlanger l’anglais et l’espagnol, il charge un mystrieux colis qui, on l’espre, n’amnera pas trop d’ennuis. C’est loup. Suite au passage par la douane, o l’on aura opt pour la politique du bakchich, une course poursuite s’engage. Jackie au volant, c’est nous que revient la tche de mitrailler les poursuivants, dans une squence pour le moins explosive, avant l’arrive dans une planque d’une zone industrielle o l’on prend connaissance du contenu du paquet. Plusieurs heures nous sont pargnes pour enchaner avec la premire vritable qute Night City, qui est cense marquer le dbut de votre ascension dans le monde des “affaires”.

Une question de choix 

Dans Cyberpunk 2077, notre V et Jackie, devenus insparables en quelques mois, dans des circonstances que seul le jeu final nous laissera explorer, ont un dsir : jouer dans la cour des grands de la criminalit de Night City. Ils sont superviss par T-Bug, une netrunner (capable de se projeter trs loin dans le Cyberespace) qui nous apprend les bases durant un tutoriel virtuel qui va l’essentiel. Maniement des guns et mitraillettes, utilisation du piratage, de l’infiltration et du combat rapproch, mains nues ou au sabre, vous donnent un indice sur les opportunits offertes pour aller au bout des qutes proposes l’avenir, lorsque l’loquence ne suffit gure. Mais nous y reviendrons un peu aprs.

Aprs une premire mission intra-muros, un sauvetage muscl dans les hauteurs, avec intervention d’une ambulance volante dont on prendrait bien les commandes, suivi d’un moment de dtente trs jazzy dans un appartement trs cosy, un cad dnomm Dexter Deshawn nous contacte pour organiser un braquage dans un lieu hyper scuris. Seulement une fois rsolu un diffrend avec les Maelstromers. Le chef de ces derniers, Royce, refuse de livrer un bot vol, alors que le paiement a t effectu. Bien sr, l’quation se complique lorsque Meredith Stout, un agent de Militech, corporation leader dans l’approvisionnement d’armes qui appartenait l’arme, s’immisce, laissant au passage voir quelques flures dans l’organisation interne. Elle tend alors une carte de paiement vrole, qui une fois employe donnera le go pour un assaut. Les alternatives commencent devenir nombreuses. On peut accepter cette aide sans rflchir, prvenir notre interlocuteur de la supercherie, le buter ou simplement le rgler avec ses propres deniers et repartir avec le bot. Les dbouchs seront plus ou moins guerriers, avec des consquences plus ou moins pnibles pour vos rapports avec les uns ou les autres. Un bon avant-got de la faon dont chaque qute se dcompose en plusieurs couches, laissant une place confortable au role play, ce qui n’est pas sans nous rappeler The Witcher III : Wild Hunt. Ni nous dplaire. On imagine que la quantit de texte, suprieure celle de la dernire aventure de Geralt de Riv, DLC compris, sera au service d’une narration encore une fois trs labore.

Action… faible raction

Soyons honntes, nous avons dvi sur la manire forte, sans aucune aide extrieure. Quelques balles dans des crnes et des buffets, le bot sous le bras, et les cadavres loots comme il se doit (malheureusement, la lisibilit de l’affichage des objets, en rouge, est assez problmatique), et il faut s’extirper de l’usine o des gangsters aux tronches de micro-onde ragissent au quart de tour lorsqu’ils aperoivent notre joli minois. La furtivit a ses avantages. Et grce au hacking on peut parfaitement crer quelque diversion ou mettre K.O. un gredin ou deux en prenant soin de se faufiler, si besoin est en passant par des hauteurs. L encore, pas de dtail. Parce qu’il fallait s’assurer d’une chose : que Cyberpunk 2077 se comportait mieux que lors des dernires dmonstrations.

La rponse est non. L’opposition, si elle vise correctement, se montre encore bien raide sur ses appuis, en retard sur la majorit de nos mouvements, et l’on ne ressent toujours pas l’impact des projectiles comme on le devrait. La maniabilit en phase de tir fait le job. Mais l’I.A. nous parat toujours trop faible (on ne compte plus les ennemis restant dcouvert, parfois, cause d’un bug, en haut d’une pile de containers, et les manqus de Jackie), et les changes toujours trop peu nergiques pour quelqu’un qui dciderait de la jouer parfaitement bourrin, au flingue comme l’arme plus lourde. Tout aussi contrariant si l’on dcide d’y aller mains nues – ce qu’un dtour par un tournoi de baston de rue organis travers la ville, qui rappelle encore quelques souvenirs avait dj rvl auparavant. Les patates donnes et reues en manquent, de patate. Bref, de toutes les options possibles sur notre dmo, la violence nous parat la moins satisfaisante, y compris dans la rue o fuir aprs un mauvais geste n’a pas paru bien trop difficile. On garde l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une version finale, et on croise les doigts que cela sera tout de mme corrig durant les mois qui arrivent.

Des branches (France Gall, 1984)

Un fois un contrat rempli, dans le sang ou non, les points d’exprience pleuvent et font mme grimper de niveau. Un level up signifie acquisition de points pour augmenter les attributs et les avantages (perks) que ceux-ci peuvent procurer, rpartis dans plusieurs pages d’arbres de comptences qui, s’ils livrent un aperu de la profondeur potentielle et d’une vritable chance de pouvoir se forger son style, demande l encore beaucoup de temps d’assimilation. Non que les menus soient mal fichus. Simplement que la quantit de donnes et d’informations fait vite tourner la tte.

Et on ne vous parle pas de la Street Cred, qui rcompense davantage les activits annexes, donnant accs bien plus de matriel (vtements et armes, trs clairement dcrits) auprs de nouveaux vendeurs et donc toujours plus de personnalisation. Ni mme des diffrents implants Cyberware et programmes qui vous attendent, permettant pour certains d’toffer vos capacits d’analyse ou de piratage distance (en maintenant le bouton de tranche gauche), qui peuvent vous aider dclencher de fausses alertes, des combustions spontanes ou des courts-circuits. Encore moins de l’utilit des objets ramasss ici et l pour le crafting. Parce que l, pour le coup, nous n’avons rien vu. Pareil pour les autres gangs ou mgacorporations ou encore Keanu “Johnny Silverhand” Reeves. Tant mieux pour la surprise.

Brain can dance

En revanche, nous avons pu exprimenter plusieurs autre squences, dont une clairement sympathique et immersive. Non, il ne s’agit pas du mini-jeu de piratage, qui consiste suivre un bon chemin sur une grille pour reproduire une combinaison donne. Ni des phases de conduite somme toute agrables pour ce qui est des sensations de vitesse et de la tenue de route mais qui tonnent par la puissance de freinage et une physique contestables en cas de carambolage. Il y a au coeur de la mission confie par Dex un personnage, Evelyn, Parker, qui souhaite vous pauler dans votre braquage. Rencontre dans un bar n’ouvrant que si l’on procde un saut dans le temps, cette charmeuse qui a d’autres desseins vous prsente Judy Alvarez, une experte de la Braindance.

Dcrite comme le divertissement le plus populaire du futur, la Braindance est une technologie neuronale qui permet, via un casque simili-VR, de revivre les souvenirs de quelqu’un de l’intrieur – normalement des personnalits qui aiment partager tout avec leurs followers. De la ralit virtuelle, mais pas si virtuelle, puisque l’on ressent tout l’identique. Judy va immerger V dans deux bouts de mmoire, dont une attaque main arme se terminant par la mort – pas cool. L’objectif est de se familiariser avec un diteur laissant mettre la pause lorsqu’on le souhaite et s’loigner un tantinet du sujet pour percevoir d’autres lments et ainsi mener une enqute minutieuse. Une sorte d’ESPER de Blade Runner, mais en vido, en somme. On se retrouve chercher des indices, des informations sonores et visuelles, par le biais de filtres spcifiques. En l’occurence, dans la deuxime partie, il fallait (optionnellement) marquer les diffrentes camras de scurit, lire une tablette lorsqu’elle est allume, et parvenir situer l’emplacement d’une relique dans une pice assez immense. La moindre source de chaleur et le moindre bruit se devaient d’tre considrs. Cet pisode aura eu pour mrite de bien tester notre sens de l’observation et de nous charmer par son principe et les diffrents rendus l’cran, dmontrant que Cyberpunk 2077 a peut-tre encore d’autres atouts dans ses manches. Comme s’il n’y avait pas dj assez !

ON L’ATTEND… LA FOLIE… MAIS…
Il est vrai qu’en l’tat Cyberpunk 2077 suscite encore quelques inquitudes, dj mises face aux diffrents extraits de gameplay diffuss depuis ses premiers pas. Reste que sa ville tentaculaire, crasante, grouillante, son esthtique, son atmosphre incroyable, grce une bande-son rock et lectro grisante, certains dtails intgrs (comme l’avance rapide sur les dialogues faon magnto) et l’interface totalement raccord avec l’univers, la libert promise dans les dplacements et l’volution tant du rle – par nos dcisions – que des possibilits accordes V avec l’exprience arrivent tout de mme faire oublier qu’il manque un gros coup de polish mettre dans la partie action. Cette premire prise en mains, quoique trop courte pour assimiler toutes les informations et avoir des automatismes sur la plupart des mcaniques, n’teint pas notre enthousiasme face la proposition artistique et narrative, c’est certain. Mais l’on restera vigilant. CD Projekt RED nous a depuis quelques annes habitu l’excellence, ce n’est pas le moment de flancher avec ce RPG attendu pour le 19 novembre prochain sur PS4, Xbox One et PC, et une date encore inconnue sur PS5 et Xbox Series X.

Lire l’article original sur gameblog.fr


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