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quand la formule Dontnod commence à tourner en rond


En moins de quatre mois, Dontnod aura donc sorti un jeu d’aventure mettant en scène des jumeaux, et un autre tournant autour d’une enquête journalistique. Allez savoir pourquoi, mais c’est le premier qui s’appelle Tell Me Why, et le second qui s’intitule Twin Mirror. L’inverse aurait fonctionné au moins aussi bien ! D’ailleurs, on ne serait pas étonnés d’apprendre que ces dénominations interchangeables, ainsi que la proximité des deux dates de sortie, aient semé la confusion chez certains joueurs. Tentons de remédier à cela en examinant ce Twin Mirror de plus près.

Après deux ans d’absence, le journaliste Samuel Higgs est de retour à Basswood, sa ville natale située en Virginie-Occidentale. Son ancien collègue et ami Nick vient de décéder dans un accident de voiture qui, bien évidemment, se révélera très vite douteux. Sam promet alors à la fille de Nick d’enquêter sur la mort de son père. Cette investigation informelle l’amènera à discuter avec tout un tas de personnages locaux, allant du tenancier de bar au policier, en passant par le pharmacien ou la serveuse du café du coin. Si certains interlocuteurs sont amicaux, d’autres reprochent à Sam d’être responsable de la fermeture de la mine de charbon qui faisait vivre la ville, suite à un article dénonçant un certain manque de sécurité. Pour couronner le tout, la petite amie de Nick s’avère être également l’ex de Sam qui, après la première séquence de jeu, se réveille dans sa chambre d’hôtel avec une gueule de bois, une chemise ensanglantée et une amnésie partielle. Autant dire que l’ambiance n’est pas vraiment à la fête.

LE POLICIER DU SAMEDI SOIR

C’est d’ailleurs là l’une des qualités du jeu, qui distille avec efficacité un climat relativement lourd et reprend à son compte la thématique, classique mais efficace, de la petite ville américaine de province qui a l’air propre sur elle mais qui dissimule de lourds secrets. Il y a des accents de Twin Peaks, Deadly Premonition ou encore Alan Wake dans ce Twin Mirror. Mais autant vous prévenir tout de suite : le scénario ne vous retournera pas le cerveau. Nous ne rentrerons pas dans les détails afin de ne pas gâcher le peu de surprises qu’il recèle, mais sachez qu’il s’avère finalement très convenu. En revanche, la réalisation graphique se révèle de très bonne facture. De ce point de vue (et de ce point de vue seulement…) Dontnod semble réellement progresser à chaque nouveau jeu. Les visages sont plus expressifs, détaillés et crédibles que jamais, tandis que les environnements frôlent par moments le photoréalisme, aidés en cela par une fort belle gestion de la lumière.

 

Tout le reste de l’aventure repose en revanche sur un gameplay extrêmement classique, fait de dialogues à choix multiples et de petites énigmes vite expédiées.

La qualité de l’éclairage peut notamment s’apprécier dans le “palais mental” de Sam, un endroit lumineux et cristallin qui représente ses réflexions intérieures. Ces séquences servent parfois la narration, et d’autres fois le gameplay. Dans le premier cas, elles permettent uniquement de déclencher la visualisation de souvenirs, tandis que dans le second, elles nous demandent de reconstituer un événement passé ou à venir. Pour cela, on doit choisir entre plusieurs actions à différentes étapes, jusqu’à trouver le bon enchaînement. Le jeu commet d’ailleurs une bonne grosse faute de goût en nous imposant une séquence de ce type à un moment précis, dans le but de détourner l’attention de certains personnages. Sauf que le plan abracadabrantesque que l’on déroule n’est absolument pas justifié. Il y avait mille façons de résoudre le problème plus simplement. De manière plus heureuse, Twin Mirror nous invite également à de trop rares reprises à gérer les crises de panique de Sam, par exemple en évitant des obstacles lors d’une course automatique, en retrouvant un visage familier parmi de nombreuses silhouettes ou en progressant dans un labyrinthe.

SAM SUFFIT ?

Tout le reste de l’aventure repose en revanche sur un gameplay extrêmement classique, fait de dialogues à choix multiples et de petites énigmes vite expédiées. Chaque scène du jeu se déroulant dans un endroit bien déterminé, le code pour ouvrir le coffre (ou la clé du cadenas, le mot de passe de l’ordinateur, etc.) n’est jamais bien loin, et jamais bien compliqué à découvrir. Bons points tout de même pour la borne d’arcade Pac-Man du bar, parfaitement jouable, ou pour cet affichage automatique et en surimpression des décors de la description de certains objets. Cela évite d’avoir à déclencher de manière active l’observation des éléments les plus anodins. Nous avons également apprécié l’abandon du format épisodique dans lequel étaient formatés les précédents jeux du studio. Il est tout de même plus agréable de pouvoir parcourir l’histoire d’un bloc. D’ailleurs cette dernière n’est pas bien longue, cinq à six heures de jeu étant suffisantes pour atteindre l’une des cinq fins possibles. C’est un peu court, surtout que certains personnages pourtant prometteurs ne sont finalement que survolés par le scénario. Twin Mirror aurait vraiment gagné à être un peu plus étoffé. Et un peu plus d’originalité, en matière de gameplay comme de scénario, n’aurait également pas fait de mal !

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