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Cyberpunk Bartender Action par jeuxvideo.com

Glitch City, année 207X. Cette ville dystopique et cyberpunk accueille en ses rues un bar nommé le VA-11 Hall-A. Simplement appelé “Valhalla” par sa clientèle, le bar est au bord de la fermeture suite à des mesures gouvernementales qui visent ce type de lieux soupçonnés d’appauvrir la population et d’être à l’origine d’activités criminelles. C’est dans ce contexte que Jill, barmaid au Valhalla qu’incarne le joueur, va poursuivre son activité au bar. Derrière son comptoir, elle est aux premières loges pour assister au spectacle d’une société en crise, dont les enjeux seront illustrés par les témoignages de clients pour le moins atypiques. Partons ensemble à la découverte de ce Visual Novel proposé par les Vénézuéliens de chez Sukeban Games !

In english please

Si après la lecture de ce test vous souhaitez vous lancer dans le jeu, il est primordial de savoir qu’il n’est pour le moment disponible qu’en anglais, chinois ou japonais. À vrai dire, une phrase est en français, mais ce n’est pas certain qu’elle vous avance beaucoup si vous n’avez pas de bonnes bases dans les langues précédemment citées.

Allez viens boire un petit coup à la maison
D’un côté le livre de recettes, de l’autre votre “table” de préparation.

La mission principale d’une barmaid est de servir des verres, et c’est ce qu’on va faire dans Va-11 Hall-A. Notre prise de service quotidienne se fait aux côtés de Gillian, notre collègue au passé mystérieux qu’on ne manque jamais de vanner, et de Dana, la propriétaire des lieux, aussi protectrice envers ses employés que délurée. Un petit tour du côté du jukebox pour confectionner la playlist qui nous accompagnera toute la soirée, et c’est parti ! L’élaboration des cocktails passe par un juste dosage de 5 ingrédients qui vont jouer sur le taux de sucre de la boisson, son amertume, son acidité, son caractère épicé et sa teneur en alcool. Au besoin de notre préparation, nous ajouterons des glaçons ou procéderons à un effet de “vieillissement”. Notre mixture finira par passer au shaker pour un temps plus ou moins long. Évidemment la recette des cocktails ne s’improvise pas, pour s’y retrouver il faudra jeter un coup d’oeil à la carte du bar, qui détaille tout. C’est avec tous ses éléments à notre disposition que nous répondons aux besoins de nos clients. Certains sont explicites et expriment clairement leur commande alors que d’autres sont bien moins précis, voire abstraits. Je pense par exemple à ce client qui nous demande une boisson qui représente la pureté, ou encore à ceux qui veulent une commande en accord avec leur humeur du moment…

Les commandes se présentent parfois sous la forme d’énigmes.

Vous le savez, il y a le bon et le mauvais serveur. Le mauvais serveur, il voit quelqu’un s’installer au bar, il lui sert un verre. Alors que le bon serveur, il va faire la même chose mais en s’efforçant d’apprendre à connaître ses clients et leurs habitudes, à les écouter, à comprendre leurs sous-entendus, et à interpréter leurs demandes, pour leur servir la bonne boisson au bon moment. Concrètement, cela va consister à se souvenir du breuvage favori d’untel, ou à doubler les doses du cocktail d’un client qui semble particulièrement costaud, aider un biker à assumer sa préférence pour les boissons dites “féminines”, satisfaire les demandes parfois floues. C’est ici un point central du jeu, puisque les différents chemins scénaristiques vont se débloquer selon ce que nous allons servir à nos clients, autrement dit, selon la manière dont nous allons répondre à leurs demandes. Le parti pris est intéressant, mais on peut légitimement trouver regrettable de ne jamais avoir de dialogues à choix multiples pour orienter la conversation dans un sens ou dans l’autre, au lieu d’avoir l’impression de toujours la subir. C’est donc notre service qui va nous engager vers les différentes routes narratives qui possèdent toutes leurs scènes et conversations propres, et qui débouchent vers des fins alternatives. La curiosité peut ainsi nous pousser à découvrir les réactions que provoque un service parfait ou au contraire un service chaotique, mais aussi à tester des choses plus loufoques, comme essayer de saouler tous nos clients en chargeant leurs consommations au maximum.

Votre meilleur ami pour explorer les différentes routes scénaristiques.

Dans sa conception le jeu nous pousse à l’exploration de tous ces chemins, notamment en permettant de faire un très grand nombre de sauvegardes afin de rejouer certains passages. On dispose également de tout notre temps pour préparer nos cocktails, sans timer et donc sans pression (sans mauvais jeu de mots) qui viendrait précipiter nos choix. On peut aussi reset notre mélange juste avant de le servir si on souhaite se raviser et préparer autre chose, sans que cela ait une conséquence quelconque sur la partie. On peut saluer ces efforts louables qui sont mis en place pour donner envie au joueur de tester des choses, et en même temps on peut trouver très dommageable qu’ils soient en partie gâchés dans la version PC, car dans ses options le jeu n’indique à aucun moment les raccourcis de base pour rendre la rejouabilité moins pénible et proposer une expérience plus accessible. Il faudra partir à l’exploration de son clavier pour comprendre qu’avec les lettres QWERT on peut ajouter directement l’un des 5 ingrédients, qu’avec ces mêmes touches si Shift est enfoncé on peut retirer un ingrédient, et que pour la fonctionnalité basique mais primordiale qu’est le défilement rapide du texte, il faut appuyer sur CTRL, afin d’éviter de se prendre 5 minutes de dialogues dans la vue à chaque essai.

Psychologue de comptoir

“Time to mix drinks and change lives” telle est la maxime qu’énonce notre collègue Gil, à chaque début de service. Nous avons précédemment vu l’aspect préparation de boissons du métier, attaquons maintenant son aspect relationnel. Avec son défilé quotidien de clients, le Valhalla nous offre une grande diversité de personnages rencontrés. Originaux, drôles et bien écrits, c’est un réel plaisir de découvrir leur histoire. Pour vous donner un petit échantillon, passeront notamment les portes du bar : le directeur d’un tabloïd en ligne, une streameuse prête à tout pour divertir son audience, une célèbre idol, une androïde travailleuse du sexe, un cerveau dans un bocal (oui)… Tout ce petit monde va prendre place à notre comptoir et plus ou moins se confier à nous selon la relation que nous arriverons à instaurer avec chaque personne. Il est par ailleurs intéressant de voir que malgré un monde de relative désolation, chaque personnage dont le nôtre, est tiraillé par des problématiques personnelles.

Comme dans tous les bons bistrots qui se respectent, nous parlerons des sujets d’actualité de la ville, de politique, et nous aurons des réflexions qui flirtent avec la philosophie. Blague à part, c’est via les témoignages individuels des personnages et leurs profils représentatifs de la société dans laquelle ils vivent, que nous découvrons peu à peu l’environnement de Glitch City et les enjeux de l’époque. Il en ressort quelque chose d’assez prenant à vouloir tout découvrir de cette société, qui avec sa population infectée par des nanomachines et soumise à une force armée autoritaire, ferait pâlir n’importe quel complotiste. Il est cependant frustrant de n’être finalement que spectateur des récits rapportés par nos clients. Cantonné à notre travail dans le bar nous ne sommes pas acteurs de ce que vivent nos contemporains, ce qui fait que nous pouvons avoir un peu l’impression de passer à côté de l’action. Petit avertissement, des thèmes adultes sont fréquemment abordés, peut-être même un peu trop souvent pour tout ce qui est sexualité.

Love me bartender

Il n’y a pas que le travail dans la vie, alors voyons à quoi ressemble le quotidien de Jill, notre serveuse du futur. Cette dernière habite un petit appartement, en compagnie de son chat. Bien au chaud sous son kotatsu elle débute ses journées sur sa tablette, dont les applications vont venir enrichir notre connaissance du lore du jeu, notamment par l’accès à des articles d’actualité et à un forum. Pour décorer notre logement ou pour simplement se faire plaisir, nous pouvons faire un petit tour à la boutique du coin. Cette fonctionnalité induit une gestion financière qui bien que rudimentaire se révèle intéressante. En effet, il va nous falloir pas mal d’argent si on souhaite se procurer tous les objets disponibles, tout en sachant qu’on doit également en avoir suffisamment en poche pour payer notre loyer. On peut donc être tenté de vendre les boissons les plus chères à nos clients dans le but de maximiser nos profits, quitte à ne pas toujours respecter leurs commandes. Si jamais nous ne parvenons pas à payer notre loyer ou que nous ne sommes pas en mesure d’acheter des items pour améliorer notre bien-être, Jill sera distraite au travail, ce qui aura pour conséquence de troubler sa mémoire et donc de légèrement complexifier notre tâche.

L’une des seules scènes qui se détache de la monotonie.

Le moindre qu’on puisse dire c’est que Jill est plutôt casanière. Outre les activités décrites au paragraphe précédent, on a définitivement pas grand-chose à faire en dehors du travail. Il y a bien quelques séquences qui nous sortent de la routine boulot-appartement, elles sont d’ailleurs plutôt réussies, mais se comptent clairement sur les doigts d’une main. L’un de ces rares moments de fraîcheur est une partie d’action ou vérité entre certains protagonistes, où nous pouvons cibler les personnages de notre choix pour leur porter ce dilemme, un moment à la fois amusant et qui permet de creuser les relations interpersonnelles. De ce manque de diversité des séquences de gameplay en sort un sentiment de répétitivité et donc de lassitude. On a une nouvelle fois l’impression d’être entouré par un monde fascinant que tout le monde nous décrit, mais qu’on ne peut finalement qu’à peine effleurer.

Les notes

+Points positifs

Une société dystopique passionnante…Les chemins narratifs qui s’ouvrent selon les boissons serviesLa variété des clients rencontrésUne écriture qui fait preuve de beaucoup d’humourQuelques réflexions profondes et intéressantes sur la sociétéUne OST synthwave très cool

-Points négatifs

…mais qu’on aimerait pouvoir découvrir et explorer autrement que par les seuls témoignages de nos clientsPas de véritables enjeuxTrop peu de séquences et d’activités différentesL’absence de dialogues à choix multiples nous rend inactif pendant les conversationsLéger forcing sur le thème de la sexualitéPas de menu de commandes qui viendrait améliorer l’accessibilité sur PC

Pour préparer un excellent cocktail Visual Novel, il nous faut notamment une très bonne qualité d’écriture, des chemins narratifs variés et la capacité de nous transporter dans un monde à l’ambiance unique. Sur ces points VA-11 Hall-A se montre très convaincant. Mais là où la recette tourne au vinaigre, c’est dans l’incapacité du jeu à renouveler son gameplay et ses séquences. En plus d’engendrer une certaine monotonie, cela se révèle frustrant car on aimerait gratter un peu plus la surface du monde qu’on nous présente. Néanmoins, VA-11 Hall-A reste un jeu bien plus qu’honnête. À condition de comprendre l’anglais et de ne pas être réfractaire aux jeux textuels, on appréciera notre passage à Glitch City et les moments passés en compagnie de la clientèle de ce bar singulier.

Utilisateur jeuxvideo.com

14 mai 2021 à 20:00:00

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