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La Wii U, une console trop vite oubliée – Les grands abandons de la huitième génération de consoles


Côté Nintendo, la huitième génération n’a pas débuté avec l’arrivée de leur console hybride, la dénommée Nintendo Switch, mais bien par l’ébauche de celle-ci apparue quelques années auparavant. Vous vous rappelez ? On a tendance à l’oublier… Eh oui, il s’agit bien de la Wii U. Sortie fin 2012, la Wii U est celle qui a véritablement marqué le lancement de la huitième génération.

Wii U

La Wii U était accompagnée de sa mablette, qui comme son nom l’indique, était le parfait mélange entre une tablette et une manette de jeu. Accessoire indispensable à la sortie de la console, elle permettait par exemple d’afficher certains menus dans ZombiU, tout en laissant à l’écran le jeu se dérouler normalement. Idéal pour surveiller les morts-vivants qui essayaient tant bien que mal de dévorer notre courageux survivant. Elle permettait également de changer d’arme d’un simple clic, sans briser l’action, ou encore de jouer à des productions au gameplay asymétrique contre des joueurs jouant avec des pads dits “classiques”. Malheureusement avec le temps, les éditeurs tiers ou même Nintendo ont commencé à abandonner cette fonctionnalité qui ajoutait, mine de rien, une immersion supplémentaire à nos jeux préférés. Après quelques mois de commercialisation de la console, cette fameuse mablette ne servait déjà plus que de menu secondaire ou encore de second écran pour afficher la carte des jeux en open-world.

Mais, ce n’était pas le seul atout de cet accessoire. En effet, tout comme la Nintendo Switch, cette mablette pouvait être dissociée de la console pour que le joueur puisse jouer allongé sous la couette. Cependant, contrairement à la dernière console en date de Nintendo qui peut se transporter partout, sans son socle, avec la Wii U il fallait tout de même que la mablette reste à portée de la console pour fonctionner. Une fonctionnalité qui a beaucoup plu aux joueurs donc, et qui a permis à Nintendo d’étendre le concept quelques années plus tard avec la sortie de la Nintendo Switch le 3 mars 2017, soit seulement 5 ans après la sortie de la première console de huitième génération de la firme japonaise.

Mais comme vous le savez sans doute déjà, la mablette n’est pas la seule à être délaissée. En effet, malgré l’arrivée de nombreux titres majeurs sur cette console allant de Mario Kart 8, en passant par Super Smash Bros. for Wii U, Super Mario 3D World ou même Splatoon, la Wii U a eu un destin tragique. Avant même la sortie de la Nintendo Switch, nous apprenons début 2017 que la production de la console est arrêtée après cinq petites années d’existence. Deux jours plus tard, Nintendo annonce également qu’il ne soutiendra plus la console et qu’il n’y aura plus de jeu exclusif à celle-ci. Puis, quelques mois plus tard, les services Miiverse, Amazon Prime Video ou encore l’application YouTube délaissent peu à peu l’appareil de Nintendo.

La console a donc rapidement été écartée par le constructeur lui-même, les joueurs et les éditeurs tiers, Ubisoft n’a pas soutenu la console Nintendo très longtemps. La faute à qui ? À une mauvaise communication du constructeur japonais. Les joueurs non-habitués au milieu vidéoludique n’ont pas forcément compris que le nom Wii U désignait une nouvelle console et non un gadget pour la Wii première du nom sortie le 8 décembre 2006 en Europe, comme la Wii Balance Board compatible avec le jeu Wii Fit, ou encore les Wiimote, les contrôleurs de la console. D’ailleurs, Shelly Pearce, la directrice marketing de Nintendo UK confirmait ce malentendu quelques mois après la sortie de la console

Il y a eu un énorme malentendu au lancement sur ce que la Wii U est en réalité. Un des messages principaux était qu’il s’agissait d’une nouvelle console et d’une nouvelle manette. Il y a encore beaucoup de personnes qui ne savent pas ce que c’est.

Bien évidemment, le nom de la console n’était pas le seul problème. Le second souci revient plus particullièrement à sa ludothèque. À sa sortie, la console n’accueillait que vingt-cinq jeux, et seulement sept d’entre-eux étaient des originaux, dont trois des exclusivités dignes de ce nom : ZombiU, Nintendo Land et New Super Mario Bros. U. Malheureusement, ce dernier ressemblait bien trop à son grand frère New Super Mario Bros. sorti sur Wii en 2009. Une liste peu aguichante qui a mis du temps à s’enrichir.

En effet, il a fallu attendre plus d’un an après le lancement de la console pour voir arriver le premier grand jeu de la Wii U, soit Super Mario 3D World, deux ans pour mettre la main sur les mastodontes Mario Kart 8 et Super Smash Bros. for Wii U, et trois ans pour Splatoon et Super Mario Maker. En attendant, les joueurs n’avaient malheureusement pas beaucoup de jeux à se mettre sous la dent, puisque les éditeurs préféraient rester sur PlayStation 3 et Xbox 360, des consoles aux architectures connues et aux puissances bien supérieures. La faute peut également revenir à la saga The Legend of Zelda. Présenté pour la première fois à l’E3 2014, l’épisode Breath of the Wild devait être une exclusivité Wii U, dont la sortie était attendue pour la fin de l’année 2016. À l’E3 de cette même année, nous apprenons que le jeu est repoussé à 2017 et qu’il sortira simultanément sur Wii U et Nintendo NX, nom de code de la Nintendo Switch. Les joueurs qui attendaient impatiemment la sortie de The Legend of Zelda : Breath of the Wild pour acheter la Wii U, ont décidé, sans surprise, d’ignorer la Wii U et d’acheter directement la nouvelle console pour profiter au maximum de ce nouvel épisode.

The Legend of Zelda: Breath of the Wild dévoile son univers – E3 2016

Kid Icarus Uprising

Après plus de vingt ans d’absence, la saga Kid Icarus fait à nouveau parler d’elle lors de l’E3 2010. Pour fêter la grande annonce d’une nouvelle console portable signée Nintendo, la Nintendo 3DS, la firme japonaise décide de ressusciter son héros ailé et de le mettre en scène dans Kid Icarus Uprising, le troisième épisode de la saga, dont la sortie est attendue sur 3DS pour la fin de l’année 2011. Ce dernier met en scène Pit, un héros né en 1986 sur NES, qui compte bien sauver une nouvelle fois le monde des tentacules de la terrible Médusa, la déesse des enfers. Pour cela, il est bien évidemment aidé de son arc et de ses flèches qu’il pourra décocher lors des phases de vol inspirées grandement de la saga Star Fox, ou encore de son épée dans des phases au sol bien plus proches des jeux d’action ou de plates-formes. Un an après son annonce, lors de l’E3 2011, le jeu signé par le studio Project Sora dévoile qu’il s’exportera également sur Wii U.

Véritable succès critique et même commercial, le jeu sorti en mars 2012 fait son petit effet. Pour cette raison, les fans de la saga attendent maintenant l’arrivée de la version remastérisée sur Wii U promise à l’E3 2011, mais malheureusement, ce ne sera pas le cas. Quelques mois seulement après la sortie du jeu sur Nintendo 3DS, le 11 juillet 2012, nous apprenons que le studio Project Sora a mis la clef sous la porte courant juin, après avoir créé son seul et unique jeu. Cependant, Masahiro Sakurai, le créateur de Kid Icarus Uprising qui n’est autre que le papa de Kirby ou encore de la saga Super Smash Bros. continuera d’exercer son métier chez Bandai Namco afin de superviser le développement de Super Smash Bros. U ou encore de sa suite Super Smash Bros. Ultimate. Finalement après la sortie de ce dernier en 2018, Masahiro Sakurai décide de s’exprimer au micro du magazine Edge au sujet du portage de Kid Icarus Uprising.

Je dirais qu’il s’agit du projet le plus difficile de ma carrière, aussi bien en termes de management que de technique. L’équipe et moi différions grandement en termes de culture et de manière de penser, nous étions constamment en confrontation. De plus, nous n’arrivions pas à tirer partie du hardware de la Nintendo 3DS. (…) En tant que jeu, globalement, il est fun et riche en contenus, et les joueurs ont même réclamé un portage moderne. Toutefois, je ne pense pas que cela sera possible.

Il n’est donc pas prévu de revoir notre ami Pit parcourir les cieux avec son arc pour sauver le monde dans les prochains mois, voir les prochaines années. Les fans du héros ailé devront donc s’armer de patience et espérer que Nintendo ne patiente pas vingt années pour faire vivre de nouvelles aventures à la saga Kid Icarus. La bonne nouvelle, si c’est le cas, il ne nous reste plus que douze ans à attendre.

Kid Icarus Uprising s’annonce sur Nintendo 3DS à l’E3 2010

Shadow of the Eternals

Au début des années 2000 nait un survival/horror atypique où la psychose ou encore la paranoïa sont les maîtres mots. Jouant habilement avec les illusions des héros jouables en brisant le quatrième mur, Eternal Darkness avait réussi à marquer les esprits auprès des fans du genre, si bien que des années plus tard, en 2013, les créateurs du premier opus ouvrent un nouveau studio et lancent une campagne de financement participatif sur Kickstarter pour mettre en place la suite spirituelle du jeu : Shadow of the Eternals.

Reprenant le concept établi par le premier opus, Shadow of the Eternals propose aux joueurs de traverser les siècles afin de découvrir la cause d’un violent massacre en jouant différents protagonistes, à différentes époques et dans des lieux différents. Idéal pour nous faire voyager d’un bout à l’autre de la planète Terre ou encore pour varier les décors ou même les mécaniques de jeu. Precursor Games, le studio derrière le projet, semble plutôt confiant. Il annonce que le titre sera découpé en douze épisodes et que le premier sortira sur PC, mais aussi sur Wii U à l’été 2014. Cependant, pour arriver à un tel résultat, il faut de l’argent. C’est là que le financement participatif rentre en jeu, mais malheureusement, malgré un premier trailer et la proposition de nombreux artworks, le public ne suit pas.

Lors de l’annonce de Shadow of the Eternals, Precursor Games demande aux joueurs un total de 1.350.000 dollars pour mettre le projet en place, mais treize jours avant la fin de la campagne Kickstarter, le studio dévoile n’avoir récolté que 127.507 dollars. Les développeurs du jeu ne baissent pas les bras pour autant, et peuvent même compter sur le soutien de Nintendo pour mener ce nouvel épisode à son terme.

Nous avons été en communication constante avec Nintendo et ils nous ont apporté leur soutien concernant le portage sur Wii U. Ils nous ont même souhaité bonne chance avant que nous lancions la campagne participative. Nous avons donc d’excellentes relations avec eux et nous verrons bien ce que ça donnera par la suite. Paul Caporicci, ex-employé de Silicon Knights (développeur de Eternal Darkness : Sanity’s Requiem)

Courant juillet 2013 donc, le studio tente à nouveau sa chance et lance une seconde campagne Kickstarter. Cette fois-ci, beaucoup plus modeste, l’objectif de cette campagne de financement participatif s’élève à 750.000 dollars, tandis que le jeu compte sortir sur de nombreux supports, dont le PC, la Wii U, mais aussi la PlayStation 4, en abandonnant le format épisodique. La production trouve également un acteur pour son personnage Paul Becker, l’un des héros de Shadow of the Eternals. Cet acteur n’est autre que David Hayter, un vétéran du milieu vidéoludique qui a déjà incarné des icônes du jeu vidéo comme Solid Snake dans Metal Gear Solid, ou encore un personnage d’Eternal Darkness. Mais malgré de belles promesses, l’objectif du financement participatif n’est pas atteint. Le projet est donc mis en pause en septembre 2013.

Un an plus tard, Denis Dyack, le président de Silicon Knights puis de Precursor Games essaie de relancer ce fameux projet et ouvre le studio Quantum Entanglement Entertainment, en compagnie de Jonathan M. Soon-Shiong, un ancien dirigeant de la Canadian Broadcasting Corporation. Il voit même les choses en (trop) grand. En plus de faire renaître Shadow of the Eternals, Denis Dyack compte produire des contenus télévisuels ou cinématographiques… Mais encore une fois, le tout tombe rapidement dans l’oubli, si bien que l’on n’entendra plus parler du studio quelques semaines plus tard. C’est seulement le 23 décembre 2016 que la licence Eternal Darkness refait parler d’elle. En effet, Nintendo décide, par le biais du USPTO (United States Patent and Trademark Office) de déposer la marque Eternal Darkness afin de renouveler les droits sur la licence, sans jamais l’utiliser par la suite.

Aujourd’hui, lorsque nous essayons de nous connecter sur le site officiel du jeu Shadow of the Eternals, nous nous rendons sur le site du studio Apocalypse, dernier en date de Denis Dyack. Ce site indique que le créateur de la saga Eternal Darkness travaille actuellement sur Deadhaus Sonata, une production, qui, depuis son annonce en octobre 2018, peine à donner de ses nouvelles.

Shadow of the Eternals – La suite spirituelle d’Eternal Darkness se montre en vidéo

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