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Personnages de jeu vidéo : une belle bande de fou ! – Folie et jeu vidéo : une représentation à double tranchant


Comme nous le disions, la folie est un terme très générique qui comprend des maladies ou des attitudes bien disparates. C’est pourquoi, il est compliqué de mettre en place une liste exhaustive de tous les personnages, que ce soit de jeu vidéo mais aussi de comics, livres et autres films, que l’on pourrait qualifier de fou. Néanmoins, on peut voir se démarquer trois schémas bien spécifiques.

Dur dur d’être un méchant

La plupart des jeux vidéo se basent sur un principe vieux comme le monde : celui du gentil et du méchant. Et qui mieux qu’un méchant pour être fou, le terme portant, dans l’inconscient collectif, une connotation négative ? Sans compter que la folie donne aux méchants ce côté sans limite, effrayant, intéressant et complexe : en bref, toutes les caractéristiques d’un bon méchant. Et ça Ubisoft l’a bien compris avec sa licence Far Cry. Les antagonistes y sont souvent instables, rendus fous par des accès de colère, la drogue ou les traumatismes qu’ils ont vécus. Si on peut noter le côté sociopathe de Pagan Min, la folie enivrée de Faith ou encore le fanatisme aveugle de Joseph, un de ces antagonistes se démarque plus que les autres quand on parle folie : Vaas. Un de ces méchants marquant qui reconnaît lui-même sa folie :

Je t’ai déjà donné… la définition… que j’ai du mot… “folie”, hein ? La folie c’est refaire sans arrêt exactement la même connerie qu’on répète sans arrêt, en espérant que ça change. Voilà… ce qu’est… La folie. Mais la première fois qu’un type m’a dit ça, j’sais pas, j’ai cru qu’il se foutait de ma gueule donc boom, je l’ai abattu.

Vaas est de tous les excès. Ses apparitions sont souvent saccadées de crises de colère, entre cris, coups et actes dépourvus de toute raison. Sadique, brutal, imprévisible, paranoïaque et inconsistant, Vaas Montenegro n’a rien à voir avec les précédents antagonistes de la saga. George Krieger et le Jackal étaient en effet méchants, juste méchants. Avec ces éléments de folie, c’est donc une approche différente qu’a adopté Ubisoft, et qui donne plus de consistance au méchant, le rend plus marquant, et ainsi plus apprécié. C’est pourquoi Vaas est assez régulièrement cité quand il s’agit de lister les meilleurs méchants du jeu vidéo, et a été placé au coeur de la communication sur Far Cry 3.

Un méchant emprunt de folie, ça c’est une formule qui marche ! C’est donc tout naturellement qu’Ubisoft a suivi cette voie pour les prochains opus de la série. Et ils ne sont pas les seuls. Dans les antagonistes les plus marquants du jeu vidéo, on retrouve notamment Sephiroth de FF7. Du rang de héros à celui de vilain, il n’y a parfois qu’un pas, que Sephiroth a franchi en sombrant dans la folie. En apprenant ses origines, il change du tout au tout, devenant sadique, revenchard et sans pitié. Il développe même un Complexe du Messie, une croyance qui n’est pas catégorisée comme une maladie en soit, mais que l’on retrouve souvent chez des personnes soufrant de différents troubles mentaux.

Difficile de parler folie, sans évoquer le cas du Joker. Bien que tirée des comics, la façon dont elle est représentée en jeu demeure intéressante à analyser. Si les jeux LEGO Batman ou encore les premiers jeux Batman ne se sont pas vraiment essayés à rendre la folie du Joker à l’écran, les Batman Arkham ont rectifié le tir et ce dès le premier opus : Batman Arkham Asylum. Le jeu, comme son nom l’indique, se déroule dans un asile, un lieu parfait pour traiter de la folie, n’est-ce pas ? Et le titre commence fort, avec une longue scène tout au long de laquelle on est obligé de suivre le Joker, attaché à une sorte de brancard, et d’être témoin de ses élans de folie, entre rires et remarques sarcastiques lunaires.

Mais la folie du Joker ne se limite pas à Asylum. Batman Arkham Origins notamment a son lot de scènes de folie, au cours desquelles on peut voir l’antagoniste pointer un pistolet sur sa tempe, réagir de façon incohérente et disproportionnée, ou encore se mettre dans sa peau à travers une série de scènes hallucinatoires frisant parfois le délire. Une mise en avant qui, par le prisme du jeu vidéo et grâce à ses spécificités, ne s’en trouve que renforcée. La mise en scène des différents jeux met d’ailleurs l’emphase sur cette folie à coup de gros plan sur le sourire dérangé du Joker ou encore en présentant deux Jokers, de telle façon qu’on pourrait croire à un dédoublement de la personnalité.

Moins emblématiques mais tout aussi cinglés, on retrouve Sander Cohen et Dr Steinman (Bioshock) ou encore la mère d’Isaac dans The Binding of Isaac, et bien d’autres antagonistes, dont la folie n’a d’égal que la méchanceté. Car après tout, “Il suffit d’un seul mauvais jour pour que l’homme le plus sain d’esprit sombre dans la folie”. C’est pourquoi, d’autres types de personnages ne sont pas épargnés par cet état.

Tout le monde est fou ici

Les méchants ne sont pas les seuls à être bercés par cette douce condition. De nombreux personnages savent apporter un bon grain de folie aux jeux qu’ils font vivre. Mais les motivations ne sont pas toujours les mêmes.
Dans What Remains of Edith Finch, par exemple, tout le monde est plus ou moins fou. Tous les troubles y passent, de la dépression à l’addiction, en passant par l’égocentrisme aggravé et l’obsession maladive. Une démarche cohérente avec le but du jeu qui vise à dresser une sorte d’arbre généalogique, portrait après portrait, des névroses et autres troubles qui habitent la famille Finch.

C’est également le cas dans Sanitarium, où on peut croiser tout au long de notre aventure une flopée de personnages tous plus fous les uns que les autres. Dès le début du jeu, on voit un homme se tapant la tête contre un mur à répétition, un autre ayant l’air de faire la danse des canards sans raison apparente, et un dernier, schizophrène, assailli par les voix dans sa tête. Après tout, comment traiter de la folie sans avoir des personnages fous, me direz-vous ? Mais il n’y a pas besoin de parler de folie pour en intégrer quelques soupçons dans son jeu.

Dans un jeu comme Skyrim, par exemple, doté d’une multitude de personnages, il faut bien trouver des petites particularités pour qu’ils se distinguent les uns des autres. Si Mercer Frey se démarque par son histoire ou Saphir par son petit air arrogant, Ciceron, lui, brille par sa folie. Elle se matérialise par son apparence et ses mimiques étranges, ainsi que par le fait qu’il parle aux restes de la Mère de la Nuit, comme si cette dernière pouvait lui répondre.

Néanmoins, ce n’est pas auprès d’acolyte, PNJ ou autre personnage secondaire que la folie vit ses plus beaux jours. L’intérêt y est moindre, moins marquant comparé à un Vaas, ou par rapport à un protagoniste incarné par le joueur.

Je suis malade

Là où le jeu vidéo remplit son plein potentiel quand il s’agit de parler de folie, c’est quand le joueur devient le fou. Il faut dire qu’un jeu vidéo implique une grande immersion qui surpasse objectivement tout autre média. Peu importe combien vous avez pu être pris par le film Joker, les quelques passages où vous pouvez incarnez le grand vilain d’Arkham Origins sont bien plus immersifs et donc plus percutants. Prenant place dans des environnements flous et changeants, ou rien n’est stable ou prévisible, l’expérience du joueur se rapproche ainsi de ce qu’il se passe dans la tête d’une personne folle. La série continue sur sa lancée avec son dernier opus Batman Arkham Knight, dans lequel Batman, infecté par le sang du Joker, se retrouve avec une perception de la réalité erronée, entre hallucinations et apparitions. Bien que mort, le Joker n’a jamais été aussi présent. Mais il n’y a pas que du côté de Batman Arkham que la folie prend une place prépondérante.

Et il y en a pour tous les goûts…Trevor, personnage jouable dans Grand Theft Auto V, paraît fou sur bien des aspects. Complètement en marge de la société, il se moque bien des conventions et autres normes sociales. Violent, incapable de ressentir de l’empathie ou de la culpabilité et ne tolérant pas la frustration, Trevor est ce que l’on appelle communément un sociopathe. La sociopathie s’emploie souvent à tort et à travers. Il s’agit d’une des possibles manifestations du trouble de la personnalité antisociale, et les caractéristiques de Trevor listés ci-dessus en sont les principaux symptômes.

Max Payne, lui, souffre d’un mal bien difficile à déterminer. Entre désir maladif de vengeance, dépression, cauchemars paranoïaques, traumatismes et crises frôlant la schizophrénie, sa vie n’est pas de tout repos.

Certains jeux vont même plus loin, en proposant des mécaniques de gameplay particulières. Dans Don’t Starve, par exemple, vous devez non seulement survivre en mangeant et en buvant, mais aussi éviter à tout prix de sombrer dans la folie. Une jauge permet de surveiller votre santé mentale. S’il faut attendre qu’elle descende en-dessous des 15 % pour devenir fou, des effets se font ressentir bien avant ce seuil. Apparitions, chuchotements, écran distordu, lumière saturée…La descente vers la folie ne passe pas inaperçue dans Don’t Starve et c’est ce qui la rend marquante et pertinente.

Dans Hellblade : Senua’s Sacrifice également, le fait d’incarner une personne folle se ressent en jeu, notamment à travers les Furies, ces voix qui assaillent l’esprit de Senua et du joueur. Si elles sont parfois utiles, délivrant des indications lors des combats par exemple, elles peuvent aussi se révéler trompeuses, donnant de fausses informations pouvant faire douter le joueur. La voix du narrateur est, elle, perdue parmi ces Furies, accentuant cette sensation de n’avoir aucun repère fiable.

La plupart des jeux cités jusqu’ici utilisent la folie comme simple mécanique ou pour pimenter un peu le tout. La folie, entre leurs mains, n’est qu’une simple caractéristique, un élément facilement remplaçable qui n’est pas lié à l’essence du jeu qu’elle pimente. Ce n’est pas le cas d’Hellblade, des jeux d’horreur et de beaucoup d’autres jeux qui s’articulent autour de la folie et existent parfois uniquement à travers elle. Une relation pas toujours facile, comme nous tenterons de le montrer dans les prochaines pages de ce dossier.

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