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A Way Out, It Takes Two : Qui est vraiment Josef Fares, virtuose du jeu coopératif ?


News personnalité A Way Out, It Takes Two : Qui est vraiment Josef Fares, virtuose du jeu coopératif ?

Publié le 03/04/2021 à 13:28, mis à jour le 03/04/2021 à 14:39

On le connaît pour son franc-parler, ses sorties médiatiques, et son amour sincère pour les jeux vidéo en coopération. En quelques années, Josef Fares s’est hissé dans le club très fermé des créateurs vidéoludiques à suivre. Une position aujourd’hui encore un peu plus affirmée avec la sortie d’It Takes Two, dernier titre de l’homme et de son studio, Hazelight. Pour l’occasion, on décortique différentes interviews du personnage, afin de répondre à une seule question : qui est vraiment Josef Fares ?

Si on a l’impression que certains créateurs de jeu vidéo nourrissent l’ambition de se rapprocher du cinéma, l’inverse est aussi possible. Prenez Josef Fares par exemple. Même si son studio Hazelight et lui ont conquis les joueurs avec le récent It Takes Two, l’homme vient d’abord du monde du septième art, où il a connu un certain succès. Dès son tout premier film, Jalla! Jalla!, ce libano-suédois a reçu plusieurs récompenses et nominations à l’international. Et ses autres longs-métrages ont aussi été remarqués.

“Jalla! Jalla!”, 1er film de Josef Fares

Sur grand écran, Fares dépeint les péripéties de Libanais dans l’écrin de la culture suédoise. Un sujet à l’image de sa propre vie, forcé à quitter son pays pour fuir la guerre. “Je ne sais pas si je pourrais dire que (cette période, ndlr) m’a effrayé (…) mais ça a définitivement changé l’homme que je suis désormais” explique-t-il dans les colonnes de Polygon. “J’ai juste cette confiance très marquée maintenant, à chaque fois que je tente un truc nouveau”. Une confiance qui lui servira. En 2010, il élabore un prototype, qui servira par la suite comme base pour son tout premier jeu vidéo.

Coup d’essai, coup de maître

Josef Fares ne s’est pas senti investi d’une mission vidéoludique divine à l’orée de la nouvelle décennie. Joueur “harcore” depuis la première Atari, comme il le dit lui-même, il cite très souvent l’interactivité du jeu vidéo lorsqu’on l’interview, et semble avoir tout compris au médium, ne cherchant pas à reproduire les codes du cinéma sur console et PC, comme d’autres ont pu le faire avant lui :

Je sais que les jeux vidéo sont des jeux vidéo et que les films sont des films. Je souhaite faire une histoire interactive, jouer le plus possible. Je ne crois pas aux jeux narratifs qui sont trop passifs – Josef Fares, “A Way Out : notre interview sans filtre de Josef Fares” (Gameblog)

Brothers : A Tale of Two Sons

Le parti-pris de son premier projet, qui deviendra Brothers : A Tale of Two Sons, parle de lui-même. Si, à première vue, tout porte à croire qu’il s’agit d’une aventure coopérative, les deux personnages à l’écran se contrôlent en réalité avec les sticks d’une seule manette, créant d’abord un sentiment d’inconfort pour le joueur, puis d’adaptation progressive, comme pour illustrer le parcours de ces frères qui apprennent doucement à collaborer. Aujourd’hui, le titre ne propose toujours pas de mode coop, malgré sa forme.

Dans ses interviews, Fares évoque ainsi régulièrement l’importance de la “vision”, sans pour autant être déraisonnable sur le plan financier. Et avec une approche si particulière pour un premier projet, l’homme a naturellement essuyé plusieurs échecs avant de trouver preneur. Ce sera au final le studio suédois Starbreeze qui répondra présent, alors à la recherche d’une licence originale pour se faire un nom. Josef Fares la leur offrira. Ironiquement, on retient aujourd’hui davantage le patronyme du créateur plutôt que de l’équipe.

Brothers : A Tale of Two Sons – Trailer de sortie sur Switch

Liens et ambition

Sûr de sa nouvelle vocation, l’homme fonde en 2014 sa propre structure, Hazelight, installée sur sa terre d’adoption, la Suède. Le pays scandinave fera également pencher la balance en faveur d’un éditeur plutôt qu’un autre : “J’étais à deux doigts de signer avec Microsoft” affirme Josef Fares, au micro de nos confrères de Gameblog. “Puis EA est venu me voir (…) ils étaient en Suède, ce qui me convenait mieux”.

Un détail qui en dit long : que ce soit dans ses mots, jeux ou films, Fares accorde une grande importance à la famille et aux liens interpersonnels. Le nom de Brothers : A Tale of Two Sons parle de lui-même. Et son second projet, A Way Out, explore la relation entre deux fugitifs, forcés à collaborer pour sortir de prison. Mais la forme change du tout au tout. Le créatif installe alors une grammaire vidéoludique assez inédite, au sein d’une aventure narrative, coopérative de bout en bout. Selon l’homme, les histoires en coop sont sous-estimées.

Ma passion est de toujours repousser les limites créatives de ce qui est possible dans le jeu. Je veux toujours faire ça, autant que possible – Josef Fares, chez Venture Beat

Le titre a été favorablement accueilli par la critique et les joueurs, malgré ses quelques défauts. Avec A Way Out, Josef Fares et Hazelight sont en terrain inconnu, sans aucune référence sur laquelle s’appuyer. Et pourtant, le titre se tient remarquablement bien. “Si tu joues au jeu du début jusqu’à la fin (…) c’est impossible que tu ne l’aimes pas” affirmera donc sans hésiter Josef Fares, sur la scène des Game Awards 2017, alors que son prochain titre est sur le point de se dévoiler davantage. Une intervention que l’on retient aujourd’hui plutôt pour le passage où le libano-suédois insulte ouvertement les Oscars, séquence qui contribuera d’ailleurs à le populariser auprès du grand public. Car c’est aussi ça Josef Fares. Du franc-parler.

Deux pour être heureux
It Takes Two

Cette franchise naturelle, elle fait bien sûr toujours partie de Fares, surtout au moment de la sortie d’It Takes Two, pour lequel il a promis d’offrir 1.000 $ à quiconque oserait s’ennuyer en y jouant. Il exagère, le Josef ? Pas si on en croit les très bons retours de la presse à propos du titre (entre 90 et 86 selon les plateformes sur Metacritic), encore plus enthousiastes que pour A Way Out. Il faut dire qu’It Takes Two fait mieux dans tous les domaines, de la technique à la complémentarité entre les deux personnages.

“Nous voulions prendre la coopération et essayer de concevoir une histoire autour d’elle” explique ainsi Fares, dans les colonnes de Venture Beat, à propos de son nouveau bébé. Et comme l’analyse très bien le média The Verge : “A Way Out a offert un récit convaincant (…) qui ne fait pas grand-chose pour tirer parti de la nature coopérative du jeu. It Takes Two retourne le script : il propose une histoire bizarre (…) sublimée par une mécanique coop intelligente”. Et ça fonctionne du feu de dieu. Pas de doute, à l’avenir, nous laisserons bien volontiers Josef Fares “déconner avec notre esprit”, comme il le dit si joliment.

Par Indee, Journaliste jeuxvideo.com

MP

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