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Test de Unto The End par jeuxvideo.com


Il aura fallu pas loin de 4 années de développement à Stephen Danton et Sara Kitamura, le couple derrière 2 Ton Studios, pour mettre sur pied leur premier jeu : Unto The End. Un projet qui ambitionne de nous immerger dans une aventure aux combats exigeants à la manière d’un souls-like, et dont la réalisation s’inscrit dans l’héritage de ce que l’on nomme vulgairement les jeux de plateforme cinématographiques, représentés par des titres comme Inside ou encore Another World… Bref, des inspirations à la qualité indéniable, mais feront-elles pour autant de cet Unto The End, un bon jeu ?

Périple désespéré

Dès l’ouverture de Unto The End, on constate la volonté de ses créateurs de nous proposer une aventure immersive. L’écran titre ne se constitue pas d’une ribambelle de menus et d’options. Au lieu de ça, on assiste directement à une scène introductive plantant le décor. Sur fond de montagnes enneigées, un homme aux allures de viking se recueille au pied d’un arbre, sa femme et son fils viennent lui apporter une lance, puis il les quitte. S’en suit un fondu au noir pour faire apparaître un message nous avertissant que le jeu se veut exigeant et que notre sens de l’observation sera mis à l’épreuve. Enfin, la scène reprend là où elle s’était arrêtée, à la différence près que nous avons désormais les choses en mains. A la poursuite d’un cerf, on comprend que notre but initial était de partir à la chasse pour nourrir notre foyer, mais tout va basculer lorsque le sol cédera sous nos pieds. La chute qui en suit nous entraîne plusieurs mètres plus bas, dans les profondeurs d’une grotte. Notre quête consiste maintenant à rentrer chez nous, sain et sauf.

Ce périple pour notre survie sera ponctué de nombreux dangers. L’environnement qui nous entoure est hostile, il faudra par exemple se méfier des chutes de pierres qui peuvent survenir lorsqu’on se trouve sous terre, ou encore, bien calculer nos sauts pour passer au-dessus des crevasses. Mais ce sont les différentes créatures qui peuplent ce monde, qui seront les principales menaces… Dans ce contexte, la fragilité de notre personnage, sa solitude, le catastrophisme de sa situation, sont soulignés par une mise en scène immersive. Cela passe notamment par l’absence de musique, qui par effet de levier va mettre en valeur les bruitages. Ceux-ci ont la fonction de nous prévenir d’un risque imminent (un effondrement, un ennemi qui approche, etc.), mais sont surtout au service de l’immersion. Le vent qui souffle, la réverbération des cavernes, le cri inquiétant de créatures lointaines, notre respiration haletante une fois blessé, viennent créer une ambiance oppressante. Un autre élément qui marque cette volonté d’accentuer l’immersion, c’est l’absence de HUD, remplacé intelligent par des feedbacks visuels ou sonores. Par exemple, l’état de santé du personnage n’est pas représenté par une barre de vie, mais par un saignement plus ou moins abondant faisant suite à ses blessures, et qui à un certain stade causera une hémorragie fatale.

Passes d’armes sous la neige

Point d’orgue du gameplay de Unto The End, le système de combat. De la même manière que lors des phases de plateforme, il se construit sur une logique d’observation/réaction. Ne comptez pas aller bien loin en martyrisant vos touches, les ennemis sont plus vifs et parfois bien plus résistants que nous. En sachant que la mort peut intervenir en 2 ou 3 coups, il est d’autant plus primordial d’être capable de lire le comportement adverse et d’agir en conséquence. À noter que les ennemis ne suivent pas de patterns qu’on pourrait se contenter d’apprendre, tout repose uniquement sur notre capacité d’observation et notre adaptation.

Pour venir à bout de nos adversaires, notre personnage dispose de l’éventail d’actions suivant : une attaque haute, une attaque basse, une garde elle aussi haute ou basse, la possibilité d’effectuer une roulade ou de s’abaisser pour esquiver un coup, le lancer d’une arme de jet, et la capacité de réaliser une feinte. Un ensemble de coups et de mouvements plutôt facile et rapide à appréhender, mais offrant mine de rien une certaine profondeur. Au fur et à mesure de notre familiarisation avec le système de combat, nous pourrons constater qu’il existe des stratégies pour optimiser notre efficacité. Je pense notamment à l’arme de jet, qui étourdit notre cible pendant quelques instants si elle parvient à l’atteindre, permettant ainsi de se précipiter vers cet adversaire sans défense, pour lui asséner un coup “gratuit”. Dans le même esprit, plusieurs parades consécutives réussies, étourdiront également notre opposant, ce qui nous laissera profiter de sa vulnérabilité. Dans un autre genre, on pourra constater qu’il est un petit peu plus rapide de s’abaisser que de passer d’une position de garde à l’autre. Un gain de temps minime, mais qui peut être décisif durant les affrontements les plus ardus. Vous l’aurez compris, les combats sont techniques, et même s’il n’y a pas besoin de maîtriser toutes leurs spécificités pour arriver au bout du jeu (typiquement, les feintes sont très dispensables), il faut avouer qu‘il est gratifiant de parvenir à vaincre avec la manière.

Unto The End n’est pas que violence et brutalité. Si on le souhaite, on peut se la jouer plus pacifiste. Bien que ce ne soit pas possible d’éviter tous les affrontements, on peut en éviter quelques-uns. Pour cela, il faudra proposer une offrande à la créature se tenant face à nous. Il conviendra d’être vigilant à la proposition formulée, afin de ne pas envenimer la situation. On parvient à déduire le bon objet à offrir par le contexte de la situation : une créature blessée sera sans doute reconnaissante de recevoir de l’herbe pour se soigner. Notre degré d’empathie sera quant à lui mesuré sous d’autres circonstances. Comme lors de batailles interespèces, où au choix, nous pourrons décider d’intervenir pour aider le groupe malmené en espérant obtenir une récompense en retour, ou bien décider de laisser les deux camps s’entretuer mutuellement, pour n’avoir à achever que les survivants… Enfin, si nous cherchons de vrais moments de tranquillité, c’est en se posant au coin d’un feu que nous les trouverons. Venant entrecouper la boucle de gameplay entre les phases de combat et celles de plateforme, ces pauses permettent de se soigner, de crafter un renforcement à notre armure ou un tonifiant, grâce aux items lootés ou ramassés pendant notre exploration.

Jusqu’à la rage ?

La frustration, l’énervement et la rage forment généralement un cycle inhérent aux jeux dits exigeants. Qu’en est-il pour Unto The End ? Certes, un léger agacement peut se faire ressentir à force de répéter les essais contre les ennemis les plus coriaces. Mais en règle générale, le sentiment d’accomplissement qui accompagne chacune de nos victoires surpasse cette amertume. Et puis après tout, il existe au besoin une option d’accessibilité bien venue. Elle va venir ralentir la vitesse en combat, facilitant la lecture des mouvements de notre antagoniste.

Non, le plus irritant est tout autre. Pour un jeu qui base tout son gameplay sur l’observation, il est forcément très dommageable que celle-ci se trouve entravée, surtout durant des combats intenses. Les décors du jeu sont décomposés en plusieurs plans : le premier plan, le plan de notre personnage et l’arrière-plan. Bien que le rendu esthétique soit réussi, et qu’on peut apprécier le spectacle dans les phases les plus calmes, l’action sera parfois cachée par le premier plan pendant les combats, rendant illisible l’affrontement. Il devient impossible d’anticiper les coups de notre adversaire, et on peut même avoir du mal à retrouver notre arme si notre personnage l’a lâché après un choc. Il aurait pu être judicieux de rendre les zones de combat plus simples, plus lisibles. Même problème lors de certaines phases de plateforme, où la caméra cache ce qu’il y a en dessous de nous, nous contraignant d’avancer à l’aveugle.

Autre bonne idée qui se révèle être par moments problématique, le système d’offrandes aux créatures. Contrairement à l’exemple précédemment décrit, il n’est pas forcément toujours aussi évident de déduire l’item qu’on est censé leur offrir. Sachant qu’à la moindre erreur, la créature qui nous fait face va nous attaquer, et qu’il n’y a à chaque fois qu’une seule bonne réponse, on peut se retrouver à perdre un temps fou pour une fonctionnalité basique.

Les notes

+Points positifs

Une mise en scène immersive avec une très bonne ambiance sonoreUn challenge relevé mais pas insurmontableLe gameplay des combats gratifiant une fois domptéPouvoir être pacifiste et venir en aide à d’autres créatures

-Points négatifs

Des phases de plateforme peu diversifiéesLe décor qui cache l’action pendant les combatsLes offrandes pas toujours claires

Sur le papier Unto The End coche toutes les cases de son cahier des charges. 2 Ton Studios est parvenu à nous proposer une véritable expérience immersive et exigeante. Toutefois, on regrette une certaine linéarité des phases de plateforme et quelques éléments mal pensés, vecteurs de frustration. Le titre dispose de nombreux atouts qui auraient mérité d’être approfondis : davantage de narration, des choix/conséquences plus poussés, des crafts plus nombreux et utiles, plus d’interactions avec l’environnement et les créatures… Pas de quoi bouder notre plaisir pour autant, Unto The End est un bon jeu qui plaira aux amateurs de défis. À parcourir sur une journée ou en un week-end, compter entre 3 à 6 heures pour en voir le bout selon vos performances.

Utilisateur jeuxvideo.com

08 mai 2021 à 19:00:00

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