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TEST de Haven : une aventure dépaysante sur Source



The Game Bakers n’est en fait pas tout jeune, le studio fondé par des anciens d’Ubisoft a fêté ses 10 ans l’année dernière, mais il est surtout connu pour Furi, jeu d’action au gameplay exigeant, à la direction artistique originale et aux musiques synthwave entêtantes. Le dernier jeu en date du studio montpelliérain, Haven, reprend d’ailleurs deux de ces éléments, pour un voyage sous le signe de l’exploration et de l’amour. Dit comme ça, c’est niais, mais dans les faits, Haven est un jeu tout aussi rafraîchissant qu’imparfait.


Le jeu de The Game Bakers se rattrape par une écriture très soignée.


Haven est en fait un jeu d’aventure prenant place dans un monde futuriste dystopique où les habitants sont plus ou moins contrôlés par la Ruche, un système qui gère leur vie jusqu’à leur trouver des compagnes ou compagnons idéals. Un mode de vie qui n’est pas au goût de Kay et Yu, couple illégal qui décide de fuir la Ruche à bord du Nid, leur petit vaisseau. Le jeune duo finit par atterrir sur Source, une planète hors du contrôle de la Ruche et parfaite pour commencer une nouvelle vie sous le signe de la liberté retrouvée.

Bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, un séisme endommage le Nid, Kay et Yu doivent explorer la planète, divisée en fragments et reliée par des arcs d’onde, pour essayer de le réparer et vont faire quelques découvertes inattendues. Le scénario d’Haven n’est pas un chef d’œuvre d’originalité, les quelques retournements de situation sont assez prévisibles et le joueur a bien du mal à rester scotché à sa manette pour connaître la suite de l’histoire, mais le jeu de The Game Bakers se rattrape par une écriture très soignée, avec de très nombreux dialogues entre Yu et Kay qui sonnent toujours juste. Le couple discute de tout et de rien, de sa nouvelle vie sur Source, de son passé dans la Ruche, de sa passion pour la nourriture (ce n’est pas gratuit, nous y reviendrons) et aussi de sexe. Eh oui, un jeune couple qui se retrouve seul sur une planète déserte sans rien pour les déranger, évidemment, ça s’amuse, et cela aurait pu être parfaitement crédible si le sujet ne revenait pas aussi souvent dans la discussion, Kay et Yu passeraient presque pour des obsédés…

Entre deux galipettes sur le lit ou le canapé, le joueur est quand même invité à explorer Source, planète explosée en plusieurs îlots volants et reliés par des ponts créés par l’onde, une énergie qui se trouve aussi au sol. Dans Haven, le joueur contrôle n’importe lequel des personnages et même s’il peut marcher (c’est très lent), il passe surtout son temps à planer grâce à des bottes alimentées par l’onde justement. Le gameplay est ainsi très aérien et fluide, avec la possibilité de faire des dérapages et des virages à 180°, et même de suivre des flux d’onde pour s’élever davantage dans les airs pour atteindre de nouveaux endroits. Au début de l’aventure, c’est quand même un régal. Les contrôles (à la manette, de préférence) répondent au doigt et à l’œil, les mouvements sont fluides et la sensation de liberté est palpable. La direction artistique avec ces couleurs vives et ces environnements dépaysants en met plein la vue également, mais rapidement, le joueur a quand même l’impression de tourner en rond. Les îlots se ressemblent un peu tous, il n’y a pas grand-chose à faire sur les planètes à part planer, ramasser des fruits pour la cuisine, nettoyer la rouille et affronter des ennemis, le gameplay est assez redondant après quelques heures de jeu, c’est bien dommage, même si de rares éléments sont là pour casser la monotonie et lancer des dialogues. La bande originale, composée par Franck « Danger » Rivoire (qui a déjà œuvré à la BO de Furi) participe à cette évasion, les thèmes sont variés, mais là encore, les musiques électroniques qui accompagnent les séquences d’exploration tournent un peu en rond, et malgré leur qualité, le joueur a tendance à s’en lasser.

Si nous parlions plus haut de rouille, c’est parce que les fragments de Source sont recouverts d’un étrange matériau rougeâtre qui a infesté la plupart des îlots, une rouille que Kay et Yu doivent récolter pour réparer leur vaisseau (en plus des pièces de base) et qui sert aussi à la confection d’objets de soin.


De nombreux allers-retours rébarbatifs, qui n’aident pas la répétitivité du gameplay.


Haven propose pas mal de crafting à réaliser au Nid, avec notamment de la cuisine grâce aux divers aliments trouvés sur Source pour restaurer de la santé en voyage, des objets de soin plus classiques donc, et même des capsules à utiliser en combat. Une mécanique de jeu plutôt sympathique, qui oblige cependant à retourner au Nid régulièrement (même si des camps sont présents à l’extérieur pour cuisiner et se reposer), résultant en de nombreux allers-retours rébarbatifs, qui n’aident pas la répétitivité du gameplay. Le craft demande d’utiliser deux parties de la manette en même temps, à savoir la croix directionnelle pour le premier élément et les boutons A (sur PC, Xbox ou Switch) ou Carré Triangle Rond Croix (sur PlayStation) pour le second. Un système identique à celui des combats, où chaque côté contrôle un personnage. Kay et Yu peuvent ainsi lancer des attaques à distance ou de contact, se protéger et enfin pacifier les ennemis lorsqu’ils sont K.O.. Car oui, les ennemis sont simplement des animaux pervertis par la rouille, pas question de les réduire en poussière gratuitement et de participer à un génocide animal sur Source ! En appuyant sur la même action des deux côtés, il est même possible de lancer des attaques combos plus puissantes, mais la force ne fait pas tout, certains ennemis demandent des techniques un peu particulières pour être battus, comme en contrant leur attaque avec un personnage et en lançant un coup immédiatement après avec le second héros, un petit jeu de doigts assez sympathique, mais encore une fois redondant après quelques combats. D’ailleurs, Haven n’est pas bien difficile de manière globale, et si Kay et Yu sont battus, ils retournent simplement au Nid… et il faut refaire le chemin jusqu’au bon îlot, encore des allers-retours… Heureusement, il est possible de faciliter les combats dans les options pour éviter ce genre de problèmes, et globalement, le titre n’est pas long, il se plie en une petite dizaine d’heures même en explorant tous les îlots volants.

Haven est un titre très imparfait, notamment à cause de sa grande répétitivité dans le gameplay, mais qui arrive à se démarquer par sa direction artistique, sa bande originale entêtante et son écriture très juste. Tout cela donne au jeu de The Game Bakers une ambiance agréable et reposante, le joueur prend du plaisir à passer quelques minutes dans le Nid pour écouter les histoires de Kay et Yu, à divaguer sur Source et à écouter les musiques de Danger, mais le titre aurait finalement pu être plus court pour éviter la redondance.

Haven est disponible sur PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X et S et Nintendo Switch, le jeu a été testé sur PC et Xbox Series S avec le Game Pass Ultimate, vendu 38,99 € pour trois mois.

Les plus

La direction artistique colorée La bande originale de Danger L’écriture très juste Le gameplay vraiment plaisant…

Les moins

… mais répétitif sur la durée Certaines séquences qui lorgnent un peu vers le voyeurisme



Amaury M. / Clint008
Rédacteur – Testeur

Explorateur de musiques plus ou moins bruyantes, collectionneur de casquettes et vinyles, vénérateur de Blade Runner et Deus Ex. J’aime les zombies et Cthulhu.
Me suivre :

Lire l’article original sur gamergen.com


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