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Jouer dans House of the Dragon et Napoléon tout en créant son premier jeu vidéo ? C’est possible et l’interprète de Bayek (Assassin’s Creed Origins) l’a fait !

Jouer dans House of the Dragon et Napoléon tout en créant son premier jeu vidéo ? C'est possible et l'interprète de Bayek (Assassin's Creed Origins) l'a fait ! - Actualités des Jeux Videos

Jouer dans le dernier Ridley Scott et la saison 2 de la série à succès d’HBO, c’est du travail ! Et pourtant, ça n’a pas empêché Abubakar Salim de fonder son studio et créer son premier jeu vidéo. Découvrez les coulisses de ce défi fou !

Avant-propos

Il y a quelques jours, nous avons pu participer à une table ronde aux côtés d’Abubakar Salim, créateur de Tales of Kenzera : ZAU et fondateur de Surgent Studios. La majorité des citations de cet article provienne de cette table ronde.

D’acteur à créateur de jeux

Jeudi 7 décembre 2023… Il est temps de retrouver la 10e cérémonie des Game Awards. L’occasion de récompenser les jeux les plus marquants de l’année, mais pas que ! La cérémonie des Game Awards c’est aussi des annonces en pagaille. Et c’est pour l’une d’elles qu’Abubakar Salim est monté sur scène. Nombreux sont ceux qui ne reconnaissent pas son visage, mais dès qu’il ouvre la bouche, ça devient rapidement une évidence. Mais oui bien sûr, c’est l’acteur qui a prêté sa voix, avec brio, au personnage de Bayek dans Assassin’s Creed Origins. Qu’est-ce qu’il fait là ? Et bien il vient présenter son tout premier jeu : Tales of Kenzera : ZAU. Et non, il ne s’agit pas simplement du prochain jeu dans lequel nous pourrons l’entendre à nouveau (pas comme Troy Baker qui nous présentait Fort Solis au Summer Game Fest). Tales of Kenzera, c’est vraiment son jeu, développé par le studio qu’il a fondé en 2019, Surgent Studios.

Surgent Studios n’a pour l’instant aucun jeu à son actif. Tales of Kenzera sera le premier. Mais cela ne veut pas dire que le studio n’a rien fait depuis sa création. Il a en effet travaillé sur un certain nombre de courts-métrages comme Things I Never Told my Father, Nounours ou Essex Girls. Car oui, Surgent Studios n’est pas un studio de jeux vidéo à proprement parler. Comme on peut le lire sur leur site, c’est plutôt “un véhicule créatif pour raconter des histoires puissantes à travers différents média, des films aux séries en passant par les jeux, les podcasts et plus encore. Nous racontons des histoires comme nous voulons les raconter : en commençant par un monde d’histoires particulièrement riche à partir duquel les histoires personnelles peuvent rayonner à travers le médium et la plateforme qui leur correspondent le mieux.”

Et si le studio s’est jusqu’ici concentré sur des productions filmées, c’est assez logique. Son créateur, Abubakar Salim est un acteur, pas juste un acteur de doublage. Il s’est notamment fait remarquer dans des séries telles que Jamestown et Raised by Wolves. Assassin’s Creed Origins, c’est même sa toute première expérience en tant que doubleur dans un jeu vidéo. Et à part ça, il n’a pas d’expérience dans le développement de jeux. Forcément, on peut se demander s’il est vraiment légitime à se lancer dans cette nouvelle aventure. Est-ce qu’il ne s’agirait pas d’un vilain opportuniste ayant senti un bon filon à exploiter ? C’est une question légitime, vu la conjoncture. Mais il y a un élément important qu’il faut prendre en compte pour comprendre ce qui a poussé Abubakar Salim à se tourner vers le jeu vidéo : c’est un grand joueur, un joueur qui a “aimé les jeux toute sa vie.”

D’ailleurs, il est revenu sur ce point au moment des Game Awards, avec une petite liste de jeux qui l’ont fait aimer le médium. Kingdom Hearts, Garry’s Mod, Golden Sun (le plus marquant de tous)… Et tous ces jeux, c’est grâce à son père qu’il y a joué. Comme pour beaucoup d’enfants de sa génération, c’est son paternel qui lui a fait découvrir les joies du jeu vidéo. Maintenant que son père est décédé, le jeu vidéo s’est donc aussi un moyen pour Abubakar de continuer à faire perdurer ce lien. Et quand il se décide enfin à raconter l’histoire très personnelle de son deuil, c’est donc tout naturellement vers le jeu vidéo qu’il va se tourner et ça donne Tales of Kenzera. La boucle est bouclée ! Surtout que pour l’acteur, il n’y a pas de medium plus puissant pour raconter une histoire. L’immersion permise par le jeu vidéo, c’est ça qui magnifie l’histoire qui y est comptée. Pour une histoire aussi importante et personnelle à ses yeux, pas de doute possible pour Abubakar Salim : c’est un jeu vidéo qu’il faut !

Mais alors, comment on passe d’acteur à créateur de jeu ? Et bien tout commence avec Assassin’s Creed Origins. En participant au projet en tant que comédien de doublage, Abubakar a surtout côtoyé de près les développeurs du jeu. Mieux encore, il a eu un large aperçu des coulisses du développement et c’est ça qui l’a poussé à tenter l’expérience avec son propre studio. C’est tout ? Bien sûr que non ! Le balbultiant Surgent Studios est allé à la pêche aux infos : “l’histoire que je raconte généralement aux gens concernant la façon dont j’ai créé le studio, c’est qu’en gros j’ai surtout glissé dans les dms de beaucoup de personnes sur LinkedIn, Instagram, Twitter (ou X),” explique Abubakar Salim, “puis je leur posais des questions sur la façon de procéder et je leur racontais ce que je voulais faire, comment je voulais transmettre ce sentiment de deuil à travers les jeux {…} Aujourd’hui, la plupart de ces gens ont intégré le studio.” Ainsi, on retrouve dans l’équipe des gens qui ont travaillé sur des titres tels qu’Hitman 2, Kena : Bridge of Spirits, Sea of Thieves, Vampire : The Masquerade – Bloodlines 2…

Mais cela ne répond pas à un autre questionnement légitime : comment on supervise un jeu alors qu’on continue sa carrière d’acteur ? Surtout qu’Abubakar Salim a clairement eu des journées bien chargées ces dernières années. Le bonhomme a en effet joué dans le dernier film de Ridley Scott, Napoléon, la suite de Raised by Wolves, mais également tourné l’attendue seconde saison d’House of the Dragon. En termes de projets, on est tout de même sur quelque chose de costaud. Et malgré cela, il a réussi à concilier son rôle d’acteur et de créateur. Comment ? Et bien on lui a posé la question :

C’est tellement de travail. Je ne dors pas. Mais je pense que j’aime vraiment ce que je fais en racontant des histoires en jouant. Et puis je suis entouré d’une équipe de développeurs incroyables qui, lorsque je leur parle d’une idée ou juste d’une pensée, disparaissent, bidouillent un truc et reviennent, et ça marche !

L’avantage, c’est que Surgent Studios est un studio en full remote. Il n’y a pas de bureau, pas de salle de réunion, rien. Et pour cause, les développeurs viennent du quatre coins du monde. Ce fonctionnement très particulier, il a également permis à Abubakar Salim de rester proche de ses équipes malgré la distance lors des tournages. Et pour les journées trop chargées, il a fallu apprendre à déléguer et à faire confiance. Forcément, cela n’a pas toujours été facile, surtout sur un projet aussi personnel, mais Abubakar pense avoir trouvé le bon équilibre : “ je pense qu’il y a parfois des changements compliqués, en particulier lorsque quelque chose est si précieux, si personnel. On peut vite avoir tendance à vouloir prendre le contrôle, car au fond, c’est votre bébé. Vous ne voulez pas que quelqu’un dise quelque chose de différent. Vous vous y accrochez. Mais j’ai découvert que c’est en lâchant prise, en faisant confiance à d’autres personnes, que l’on peut faire avancer les choses.”

Tales of Kenzera, c’est donc une histoire de confiance au sein d’une équipe qui met tous ses membres sur un même pied d’égalité et se nourrit du vécu de chacun d’entre eux. Et cette confiance, elle lie également Surgent Studios à la grosse boîte qui a choisi d’éditer le titre : EA. Tales of Kenzera fait en effet partie du programme EA Originals, qui a notamment donné vie à des pépites comme Immortals Of Aveum, It Takes Two ou encore Unravel Two. Et visiblement, la collaboration s’est merveilleusement bien passée. Cette fois, l’information ne vient pas de la fameuse table ronde mais d’une session de questions-réponses à laquelle s’est prêté Abubakar juste après l’annonce de Tales of Kenzera :

Je ne vais pas mentir, j’appréhendais un peu au début. Mais quand je vous dis qu’ils ont été les personnes les plus encourageantes et compatissantes, je n’exagère pas. Je suis tellement nouveau dans l’industrie du jeu vidéo. Alors avoir ce géant qui me permet de créer, de jouer, d’explorer, même faire des erreurs et qui m’apprend des choses c’était juste phénoménal.

Un pont entre deux mondes

Outre son histoire intéressante, Tales of Kenzera c’est aussi une proposition singulière, entre deuil et mythes bantous. D’ailleurs, si vous voulez plus d’informations sur le titre en lui-même, on a rédigé il y a peu une preview en amont de la sortie de la démo pour le Steam Néo Fest. Vous l’aurez compris, vous pouvez donc également avoir un aperçu du jeu, et ce jusqu’au lundi 12 février 19h. Revenons à cet univers original qui risque de ne pas s’arrêter avec Tales of Kenzera. Avec ce jeu, Surgent Studios compte bien ouvrir quelque chose de plus grand, un nouveau monde qui accueillera, au fil du temps, de nouvelles œuvres. Abubakar l’a dit : il ne compte pas s’arrêter à un simple jeu. On peut donc s’attendre à voir des projets similaires émerger, probablement sur d’autres supports.

Avec son studio, l’acteur/développeur compte bien faire le pont entre le monde du cinéma et celui du jeu vidéo. Il s’inspire déjà de l’un comme de l’autre pour créer/jouer. Il nous a ainsi raconté qu’il s’était beaucoup inspiré de la façon de travailler de Ridley Scott, surtout pour ce qui est du fait de déléguer. Le réalisateur n’est visiblement pas toujours présent mais son équipe parvient tout de même à faire vivre sa vision sur les tournages, un peu comme Abubakar avec son jeu. Avec cette double (voir même multiple) casquette, Surgent Studios pourrait bien souffler un vent de fraîcheur sur l’industrie du jeu vidéo. S’il y a bien un jeune studio à surveiller, c’est peut-être bien celui-ci.

Lire l’article original sur jeuxvideo.com

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