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Test de Balan Wonderworld (Xbox One, Xbox Series, PC, PS4, PS5, Nintendo Switch)

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Parmi les grands noms qui ont permis au jeu vido japonais de se tailler la part du lion dans les annes 1990, impossible de ne pas avoir une pense pour Yuji Naka. Surtout connu pour Sonic the Hedgehog, le quinquagnaire aura eu l’occasion de rouler sa bosse sur Phantasy Star, non sans parfois tenter quelques coups de pokers, en tmoignent NiGHTS : Into Dreams, ou Let’s Tap. Dsormais acoquin avec l’diteur Square Enix, Naka revient. Mais cette fois, c’est la cata…

Les mlomanes srs ne le savent que trop bien : passes quelques dcennies, certains artistes oprent parfois un retour aux sources, dlaissant temporairement la complexit qui les caractrisait pour mettre en lumire une simplicit perdue. Le rsultat est parfois surprenant. Mais ce n’est pas un adjectif que l’on pourrait accoler la nouvelle aventure que nous propose aujourd’hui la nouvelle recrue. Oh que non. Accrochez-vous, a va piquer. 

En piste les clowns 

Derrire sa plastique colore et son explosion de couleurs qui frise parfois la saturation, Balan Wonderworld cache pourtant une certaine noirceur, tout le moins une ambivalence que l’on ne souponnerait pas de prime abord. Aux commandes d’Emma Cole ou de Leo Craig, deux chrubins socialement troubls, nous voici propulss dans le Balan Theater, un lieu magique gr par un drle de tenancier, l’ponyme Balan. Sans doute faut-il voir dans ce clown mi-chapeau mi-dreadlocks comme une ouverture, annonciatrice des troubles venir, comme l’opra. Quand mme les menus, pourtant simples comme bonjour, ne font pas preuve d’une grande ergonomie, on entend l’orage poindre au loin…

Aux cts de ce Monsieur (D)Loyal, nos hros vont ainsi parcourir une douzaine de niveaux thmatiques, l’ancienne, pour venir en aide autant de protagonistes, ici une plongeuse hospitalise, l un amoureux transie mais peu sr de lui… Les exemples ne manquent pas, et les cinmatiques illustrant ces diffrentes problmatiques font monter d’une plastique vraiment lche, trs apprciable, mais qui semble avoir englouti une bonne partie du budget. 

More is less

Car une fois que l’on rentre dans le vif du sujet (d’aucuns diraient “le lard”), tout se complique. Trs vite. Et beaucoup. Balan Wonderworld s’entend pourtant comme un platformer 3D ultra-classique, base d’environnements ferms remplis de gemmes multicolores collecter, tout comme les trophes Balan, qui servent dverrouiller les chapitres suivants. Ce schma scolaire s’articule galement autour d’une mcanique de costumes varis, que l’on dbloque au fur et mesure, et qui proposent chaque fois une particularit : planer quelques instants pour franchir des prcipices, dclencher une attaque rodo, activer des mcanismes…

Avec quelque 80 dguisements aux noms rigolos, il devrait y avoir de quoi faire. Sauf que la pratique s’avre bien diffrente de la thorie : chacun d’entre eux se limite gnralement UNE action unique, que l’on ne retrouve pas ailleurs. Ainsi, certains costumes offensifs ne permettent pas de… sauter. Oui, dans un jeu de plates-formes, tout fait. Ds lors, il faudra sans cesse basculer de l’un l’autre pour rcolter les items de rigueur et dfaire les ennemis un peu bidons qui peuplent ces dcors aussi enfantins que colors. Comme si Mario devait changer de casquette ds lors qu’il fallait donner un coup de poing ou effectuer un BLJ. On croit rver.

Billy Hackerman and the Giant Egg

Il faut dire que le level design ne propose en sus aucune ide novatrice, se contentant d’enchaner les poncifs avec une rgularit si scolaire que l’on se demande qui pourrait tre charm par la proposition, moins de mettre ici les mains sur son premier platformer 3D. Et encore. Balan Wonderworld russit l’exploit de louper peu prs tout ce qu’il tente : entre la perte des costumes chaque erreur, qui ncessite donc un backtracking immdiat, les mini-jeux inintressants ou les phases Balan Battle qui semblent avoir estim suffisant de sortir le grand jeu pour que le joueur se contente de presser un bouton au bon moment, comme pour arrter un GIF. La coupe semble pleine. On en vient mme se dire que les QTE, c’est pas mal, en fait. 

Et puis, on se reprend. Et on se demande pourquoi. Pourquoi faudrait-il parcourir ces douze chapitres scinds en trois actes, dfaire des monstres l’I.A. d’un autre ge, supporter des collisions hasardeuses et une technique somme toute faiblarde (mme l’cran de chargement semble la peine), alors qu’il y a tellement mieux ailleurs. Mme les amateurs sadiques de jeux flingus auraient plutt intrt se relancer dans le remake de XIII, c’est dire. 

tre ou ne pas tre…

Et alors que l’on repose la manette dans un soupir de soulagement, impossible de ne pas s’interroger : qu’a-t-il pu se passer pour que Balan Wonderworld sorte dans cet tat ? Naka a-t-il du composer avec un budget si limit ? Fallait-il tout prix sortir le jeu avant la fin de l’anne fiscale ? Personne n’a-t-il cru bon de tirer le signal d’alarme avant qu’il ne soit trop tard ? Ou Naka a-t-il ce point cru bien faire, et remiser sa clairvoyance au placard ? moins d’tre dans le secret des dieux, impossible de trancher. Nanmoins, un constat s’impose : moins de vouloir troller sa progniture et profiter de ce 1er avril pour se donner bonne conscience, il semble bien difficile de trouver une bonne raison de se lancer dans ce partenariat d’un nouveau genre, qui nous donnerait presque envie de voir Naka raccrocher les gants (blancs), au moins pour l’honneur. Triste.

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