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Ce jeu d’horreur plein de zombies sorti il y a plus de 10 ans a été injustement boudé. Il était pourtant excellent !

Ce jeu d’horreur plein de zombies sorti il y a plus de 10 ans a été injustement boudé. Il était pourtant excellent ! - Actualités des Jeux Videos

Nous entendons souvent qu’Ubisoft ne prendrait pas suffisamment de risques créatifs, et que le géant français du jeu vidéo ne ferait qu’appliquer une formule bien huilée à quasiment toutes ses œuvres vidéoludiques. Mais quand les parents de Rayman osent sortir des sentiers battus, ils n’en sont pas récompensés. C’est ce qui s’est passé il y a plus de 11 ans avec ce survival-horror qui mérite encore aujourd’hui toute votre attention.

Une histoire de point de vue

Cet article est un billet d’opinion, il est par nature subjectif. L’avis de l’auteur est personnel et n’est pas représentatif de celui du reste de la rédaction de JV.

Sommaire

Des morts-vivants pour une console mort-néeNoir c’est noirSurvival-horror totalWii U & IDes morts-vivants pour une console mort-née

Annoncé à l’occasion de la conférence E3 d’Ubisoft au mois de juin 2012, ZombiU était à la base prévu pour être un jeu avec des Lapins Crétins, puis avec des petits êtres venus de l’espace (Killer Freaks From Outer Space). Le projet fut néanmoins revu en profondeur pour que les “bwaaah !” se transforment en “argh !” au détour des allées sombres d’un Londres envahi par les zombies. Chose peu courante pour la fabricant japonais ayant la réputation d’être un véritable “control freak”, Nintendo a confia le soin de prouver le concept orienté hardcore gamer de sa Wii U aux équipes d’Ubisoft Montpellier. Le jeu lapin crétin/Freaks – pensé à la base pour la Xbox 360 et la PS3 – évolua pour devenir ZombiU – une exclusivité Wii U – à la fin de l’année 2011. Malgré une production compliquée, la faute à un changement de cap à moins d’une année avant la sortie envisagée, l’équipe parvient à créer l’événement à l’E3 2012. Pourtant posé devant le stand de Capcom qui proposait de découvrir Resident Evil 6, c’est ZombiU qui attira le plus de curieux (d’après IG Magazine, HS 5, p.183).

Que s’est-il passé entre l’E3 2012, où la presse adorait ZombiU, et la sortie du jeu au mois de novembre de la même année, où le titre décrocha la moyenne de 77/100 sur Metacritic ? Difficile de le dire, mais le soft d’Ubisoft déçoit globalement lorsqu’il arrive dans les rédactions. IGN le décrit comme un titre “ayant de bonnes idées”, “mais aucune d’entre elles n’aboutit à un grand jeu. Les commandes sont maladroites, les combats au corps-à-corps sont ennuyeux et le jeu n’est pas beau”. Le site lui donne un 6.2/10. EGM et Game Informer lui octroient la moyenne, tandis que GameSpot le punit d’un 4.5/10. “Avec un univers inintéressant et des combats ennuyeux, ZombiU est le maillon faible des jeux de lancement de la Wii U” peut-on lire. La messe est dite : les plus gros sites américains enterrent le survival-horror d’Ubisoft pendant que la nouvelle console de Nintendo rate son lancement.

Que ce soit aux Etats-Unis, au Royaume Uni ou en France, les premiers mois d’existence de la Wii U sont poussifs. Ce qui est mis en cause par les observateurs, c’est la communication de Nintendo autour de sa machine. Le nom “Wii U” laisse penser qu’il s’agit d’un nouveau modèle de cette bonne vieille Wii que tout le monde possède déjà, tandis que le Gamepad, cette grosse manette munie d’un écran, n’est pas parvenu à montrer en quoi il allait changer le quotidien des joueurs. En d’autres termes, la console ne s’impose pas aussi rapidement que le constructeur japonais l’aurait souhaité.

Noir c’est noir

Cela ne pouvait pas plus mal commencer pour ZombiU. La nouvelle licence d’Ubisoft se fait descendre par une partie de la presse et sort sur un nouveau hardware qui peine à décoller dans les charts. Au mois de décembre 2012, Guillaume Brunier, le producteur du jeu, se dit déçu des premières critiques. “On est conscients des forces et des faiblesses de l’expérience que nous avons créée, mais nous ne nous attendions pas à un feed-back aussi dur” déclare-t-il chez Nintendolife. On reproche au jeu “un manque d’armée de mêlée”, mais aussi “de trop nombreux allers-retours”. Entre autres choses.

Finalement, dès le mois de mars 2013, Ubisoft solde le titre. Au mois de juillet 2013, alors que l’équipe de développement laisse entendre qu’un prototype de ZombiU 2 est déjà en chantier, le patron d’Ubisoft jette un froid en annonçant que le soft “est loin d’être rentable”. En outre, Yves Guillemot dit “attendre Noël pour voir si les ventes de Wii U vont enfin décoller”. Cela n’arrivera malheureusement pas. En 2015, la firme française sortira son survival-horror sur Xbox 360 et PlayStation 3. Des versions évidemment privées de ce qui fait la véritable force du concept : l’utilisation astucieuse du Gamepad.

Survival-horror total

Dans notre test de ZombiU, nous disions que le survival-horror d’Ubisoft n’était pas à mettre entre toutes les mains. En réalité, le soft d’Ubisoft est l’expression même du survival-horror. La plupart des défauts qui lui ont été reprochés reposent sur des choix de game design osés, en total accord avec l’objectif premier du jeu : celui de nous angoisser comme jamais.

Le combat au corps-à-corps est lent ? Comme pour Silent Hill, c’est pour nous mettre dans un inconfort constant et privilégier la fuite. L’inventaire manque de réactivité et ne met pas le jeu en pause ? C’est pour nous forcer à le gérer une fois que toutes les précautions sont prises. Il y a des allers-retours dans la ville de Londres ? À l’instar d’un Resident Evil, c’est pour mieux nous effrayer avec une (mauvaise) surprise au détour d’une escapade nocturne.

ZombiU s’applique à créer de la tension là où il n’y en avait pas auparavant. Ouvrir une porte déclenche un mini-jeu à effectuer sur le Gamepad, mais le joueur doit garder un œil sur l’écran de télévision pour s’assurer qu’aucune créature ne s’approche de lui. Quelques joueurs/testeurs de l’époque ont estimé que ces éléments alourdissaient le gameplay, déjà échaudés par la multiplication de boutons sur lesquels appuyer frénétiquement pour ouvrir des portes dans moult productions. Sauf que dans ZombiU, ce n’est pas gratuit. Cela sert à la fois l’immersion et le sentiment d’insécurité.

S’appuyant sur les fondations du genre, ZombiU s’évertue à mettre le joueur mal à l’aise grâce à des ressources très limitées et aux zombies dangereux même lorsqu’ils sont esseulés. Une fois le premier coup infligé par un marcheur, le second peut déjà être celui qui nous terrasse définitivement. S’inspirant d’une mécanique ayant fait ses preuves dans Demon Souls, le survival-horror d’Ubisoft punit la mort en obligeant le joueur à réapparaître dans un abri avec un nouveau protagoniste. Dans la peau de ce dernier, il a alors l’opportunité de retrouver l’ancien héros zombifié afin de récupérer le sac à dos rempli de victuailles de la partie précédente. S’il meurt en chemin, il perd tout. Et ne pensez même pas couper la console au moment où le zombie vous met à terre avant de vous tuer : le jeu effectue une sauvegarde au moment où la créature lance son attaque mortelle. Même si vous éteignez la Wii U avant l’écran de game over, vous recommencerez avec un nouveau survivant.

C’est exigeant, voire décourageant pour certains, mais cette astuce permet de régler définitivement le problème du game over dans les survival-horror classiques… qui n’ont rien de très impressionnants quand il suffit de recharger une sauvegarde pour retenter sa chance avec tout son matos. Le seul véritable problème de cette mécanique “hardcore” est d’empêcher tout attachement à un personnage. D’une manière générale, le scénario de ZombiU n’est clairement pas une de ses forces. Le soft mise tout sur ses sensations, plutôt que sur la construction des personnages ou de son histoire. C’est à la fois une qualité et un défaut, selon le point de vue.

Wii U & I

ZombiU utilise parfaitement ce qui rendait la Wii U si différente par rapport aux autres consoles. Gyroscope, écran tactile, nouvelle fenêtre sur le monde virtuel qui nous entoure… même Nintendo n’a pas fait mieux dans les mois qui ont suivi la sortie de la machine !

L’utilisation du Gamepad est géniale sur deux points particuliers. Le premier vient du détecteur de mouvements. Comme dans Alien, il faut garder constamment un œil sur l’écran afin de ne pas se faire surprendre par une créature (ou un inoffensif petit animal). Sauf que tenir réellement ce détecteur entre nos mains lui donne une importance plus concrète, surtout quand le son de détection sort des enceintes de la tablette. La bonne idée, c’est que lors des premiers chapitres du jeu, il faut appuyer manuellement sur une touche à l’écran pour que le balayage soit effectué, ce qui augmente encore un peu plus le trouillomètre lors des phases d’exploration.

L’autre point, c’est que l’appareil sert aussi de scanner/cibleur : en levant le GamePad face à l’écran, on peut marquer les monstres, nous donnant l’impression de jouer les fins stratèges avant d’exécuter un plan désespéré. Cette autre fenêtre qui s’ouvre sur ce monde virtuel peut également servir de viseur pour le fusil à lunettes. Si on ne veut pas lever les bras, on peut toujours tout faire en utilisant le stick, mais c’est tout de suite moins immersif.

À titre personnel, j’aurais préféré que l’on ne puisse pas améliorer la tablette au fil de la progression. Certes, l’upgrade fait partie des rouages des jeux vidéo depuis longtemps, mais le stress provoqué par ce maudit détecteur de mouvements à déclencher manuellement m’a beaucoup marqué lors de mon périple. Fort heureusement, malgré les améliorations et les armes plus puissantes, on n’atteint jamais le stade des derniers Resident Evil où l’on passe de proie à chasseur au cours des derniers chapitres. Pas de libération cathartique, ZombiU, lui, nous malmène du début à la fin avec ses ressources rarissimes.

Je continue de considérer ZombiU (dans sa version Wii U) comme un des meilleurs survival-horror de ces dernières années. Il a réussi, plus que d’autres sortis avant comme après lui, à mélanger avec un certain brio un gameplay basé sur la fuite, l’infiltration, la planification, mais aussi l’action. Grâce à son utilisation inventive du Gamepad et à ses mécaniques particulièrement exigeantes, il entre aisément dans mon top 10 des meilleures expériences vidéoludiques horrifiques, devant Alien Isolation, et derrière Resident Evil 7 en VR. Si vous le pouvez encore, donnez-lui sa chance sur Wii U : avec un peu de chance, il saura vous combler de bonhe… terreur !

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