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GTA San Andreas : avant GTA 5 et Zelda Breath of the Wild, la première grande révolution du monde ouvert

Devinez qui a 18 ans aujourd’hui ? GTA San Andreas est enfin majeur ! L’un des jeux vidéo les plus cultes de l’histoire sortait un 26 octobre pour la première fois aux États-Unis, et c’était en 2004, déjà. Pour célébrer cet anniversaire, nous vous proposons de revenir sur cette œuvre aussi universellement acclamée que massivement controversée, de sa genèse à son incroyable héritage.

Si l’engouement fut si élevé lors de l’annonce du très attendu Grand Theft Auto V fin 2011, ce n’était pas uniquement parce que la bande-annonce révélait un nouvel épisode de la célèbre série des frères Houser. Mieux encore, la franchise de Rockstar Games annonçait son retour à Los Santos, la ville iconique inspirée de Los Angeles ayant tant marqué les esprits 7 ans plus tôt dans un certain Grand Theft Auto : San Andreas, titre mythique de la cinquième génération de consoles, sorti d’abord en exclusivité temporaire sur PlayStation 2 pour quelques mois avant d’arriver sur PC ainsi que sur Xbox. Jouissant d’une cote d’amour immense auprès de bon nombre de nostalgiques, le troisième épisode de la licence en seulement quatre ans (!) avait même réussi à exploser les limites définies par ses prédécesseurs, et s’imposer à l’époque comme une immense révélation de ce qu’on appelait davantage “bac à sable” que “monde ouvert”.

Sommaire

La conclusion attendue d’une trilogieLe jeu de tous les recordsUn monde ouvert comme les autresLa beauté est ailleursGangsta’s ParadiseJ’étais à San Andreas, et toi ?La conclusion attendue d’une trilogie
Au début, en 1997 et sur la toute première PlayStation, Grand Theft Auto ressemblait à ça…

Au début des années 2000, les délais de conception d’un jeu vidéo sont bien plus courts que les longues années devenues la norme de nos jours. Les sorties de GTA III, premier titre de la saga en 3D, et de Grand Theft Auto : Vice City, furent en effet espacées d’un an tout juste, en sortant respectivement le 22 octobre 2001 et le 27 octobre 2002. À une époque où personne ne se posait trop la question de ce qu’était le crunch, les joueurs s’attendaient assez naturellement à ce qu’un troisième GTA en autant d’années débarque fin octobre 2003, mais l’éditeur Take-Two Interactive surprit son monde à cette période en annonçant le 29 octobre qu’un nouveau titre était en développement… mais ne sortirait que fin 2004. De quoi susciter beaucoup d’attente et d’engouement de la part de joueurs théorisant alors sur les forums de discussion en ligne, notamment car le titre officiel du jeu n’était pas encore dévoilé. Les rumeurs allant bon train, l’information se relayant le plus souvent faisait état de “San Andreas” mais en tant que ville fictive, où le jeu se déroulerait dans une période contemporaine, ou bien d’une “Sin City” au Nevada, cette fois-ci dans les années 1970.

… avant de devenir ceci sur PlayStation 2, cinq ans plus tard (ici, Grand Theft Auto : Vice City).

C’est en mars 2004 que Rockstar révéla enfin des informations concrètes, soucieux de maîtriser sa communication sur son premier jeu à être aussi attendu : en effet, GTA 3 fut celui qui le lança dans une autre dimension, mais l’attente envers GTA Vice City ne dura pas très longtemps. Comme le voulaient les rumeurs, le nouvel épisode s’intitulera bien Grand Theft Auto : San Andreas, est prévu pour le 19 octobre, et surtout, ses ambitions sont démesurées. En effet, San Andreas n’est pas le nom d’une ville comme le fut Vice City s’inspirant de Miami, mais celui d’un état entier, rempli de petits comtés et de trois villes bien distinctes, s’étalant sur des versions fictives de la Californie et du Nevada. Los Angeles s’appellera ainsi “Los Santos”, San Francisco sera également revisitée sous le nom de “San Fierro”, et enfin, Las Vegas sera à l’honneur en tant que “Las Venturas”. Avec de telles promesses, GTA San Andreas promet d’ores et déjà d’être immense, et d’exploser son prédécesseur dans les grandes largeurs. Rockstar North semble se jouer des conventions établies, une fois de plus, mais pas seulement sur le plan de la morale. On ne le sait alors pas encore, surtout que l’expression “open world” n’est pas spécialement populaire, mais GTA est déjà en train de le révolutionner.

Avec Los Santos, San Fierro et Las Venturas, GTA San Andreas revisite les trois villes les plus célèbres de l’ouest américain.

Le jeu de tous les records
Rockstar avait déjà amorcé la révolution du monde ouvert urbain en 2001 avec GTA III.

Fin 2004, ce n’est ni sur les téraflops, ni les images par secondes, ni même la résolution d’image que se base la guerre des consoles. On parle encore de “bits” dans ce qui sera d’ailleurs la dernière génération à s’en préoccuper, et surtout, on se pose davantage la question du contenu : quel jeu proposera un univers encore plus massif, avec davantage d’activités à effectuer ? Après que Shenmue a posé les bases du jeu en monde ouvert urbain, Rockstar l’a presque affranchi de toute forme de limite avec sa sacro-sainte trilogie, récemment remise au goût du jour dans la compilation Grand Theft Auto : The Trilogy – The Definitive Edition. Cependant, si l’on estime la superficie de la carte de GTA 3 à un peu plus de 8 km², celle de GTA Vice City n’est pas beaucoup plus grande avec environ 9 km² estimés. C’est davantage dans la qualité de son open world que l’aventure de Tommy Vercetti se distingue, avec une quête bien plus “fun”, un protagoniste mieux incarné, et des missions plus mémorables. Rockstar travaille ici le fond avant de se poser la question de la forme, dont va se préoccuper sa suite dans des proportions que personne n’imaginait.

Avec GTA San Andreas, Rockstar bombe le torse et a l’intention de mettre un coup de pied à l’industrie.

Le célèbre développeur promettait un jeu plus vaste, avec trois villes et des étendues sauvages au lieu d’une seule grande cité, amenant les joueurs à légitimement s’attendre à environ 25 km² d’aire urbaine et probablement une dizaine de plus aux alentours. Le fait est que Rockstar a tenu parole : la superficie de la “map” de GTA San Andreas est quatre fois supérieure à celle de son prédecesseur, estimée à plus ou moins 35 km² selon les sources. C’est à l’époque une des plus grandes de l’histoire du jeu vidéo, et surtout, sur PS2 en particulier, c’est une prouesse technique bluffante pour une console dont le règne sans partage approche de sa fin. À l’automne 2004, la machine de Sony entre en effet clairement dans le dernier tiers de son cycle d’exploitation principal, et ce dernier sera d’ailleurs rempli de jeux d’anthologie, principalement du côté des productions maison cela dit, entre les deux premiers God of War, le légendaire Shadow of the Colossus ou encore l’impressionnant Gran Turismo 4. Dans ce contexte, GTA San Andreas fait presque figure d’anomalie.

“C’est donc là qu’a lieu tous les ans ce salon du jeu vidéo où on tente de faire mieux que le mien…”

Cependant, là où c’était Gran Turismo qui avait trusté le hit-parade des ventes sur la première PlayStation, et où GTA n’avait pas encore explosé (seul GTA 2 avait réussi à atteindre le million de ventes), la franchise de Rockstar a clairement acquis une dimension très différente sur cette génération qui l’a vue devenir une des licences majeures du jeu vidéo contemporain. Cela se traduit bien évidemment en chiffres : rien que sur PS2, la trilogie GTA représente 26 millions de jeux vendus, dont 17,33 rien que pour le seul San Andreas. Ce sera tout simplement le titre le plus vendu sur la console la plus vendue de l’histoire (les 155 millions de la deuxième console de salon PlayStation demeurent encore à ce jour un record dans l’industrie). Le succès sera moindre sur Xbox, avec seulement 1,46 millions de ventes (10è jeu le plus vendu de la machine), où GTA San Andreas paraîtra plusieurs mois plus tard, en juin 2005, soit en fin de vie de la console. La Xbox 360 sortira en effet un peu moins de 6 mois après, et Microsoft ne misait clairement plus autant que sa première console que Sony sur sa PS2. En 2011, juste après l’arrivée d’un portage inattendu sur iOS, Kotaku révèle que 27,4 millions de GTA San Andreas ont été distribués dans le monde entier, toutes plates-formes confondues. Un total que n’atteindra pas tout à fait Grand Theft Auto IV…

Un monde ouvert comme les autres
La carte (impressionnante) de GTA San Andreas est une des principales composantes de ce titre mythique.

Tout ça, c’est bien beau, mais la superficie d’un jeu peut-elle, à elle seule, justifier un succès aussi démentiel, enterrant les deux précédents épisodes d’une série pourant en pleine expansion ? Bien sûr que non. Comme beaucoup de grands jeux vidéo dans l’histoire du média, GTA San Andreas joue la carte de la suite royale, celle qui exploite avec brio tous les points forts de ses ancêtres, mais en cherchant à tout faire mieux et plus grand. Si le scénario impose quelques limitations à l’exploration d’entrée de jeu, forçant son protagoniste (le célèbre Carl Johnson alias “CJ”) à rester dans Los Santos tant qu’il n’a pas atteint un certain stade de l’aventure, on réalisera à un moment que le monde ouvert conçu par Rockstar tient d’un seul bloc, sans temps de chargement, ce qui constitue une sacrée performance technique sur les consoles de salon de l’époque. Une fois que le joueur dispose de la liberté absolue de se déplacer sur l’intégralité de la carte, c’est là que GTA San Andreas l’envoie dans une autre dimension, pour ne pas dire d’ores et déjà dans le futur du jeu vidéo, tant l’évolution est impressionnante d’un jeu à l’autre.

Tous ces seaux de poulet frit chez Cluckin’ Bell auront raison de la silhouette de notre héros.

Alors certes, en 2004, les jeux d’aventure en “open world” existent déjà, rien que côté de la franchise The Elder Scrolls dont le troisième épisode Morrowind avait déjà en son temps révolutionné le jeu de rôle en monde ouvert. Cependant, GTA se veut plus divertissant, rapidement accessible, et ce même s’il contient lui-même des éléments que l’on pourrait considérer comme “RPG” avec tout ce qui touche à la personnalisation de l’avatar incarné, du jamais vu là encore dans la série. L’objectif de GTA San Andreas est avant tout que le joueur s’amuse, et surtout, se défoule. À travers son apologie de la violence gratuite dans un contexte particulièrement difficile (les guerres de gangs lors des émeutes de Los Angeles en 1992), il nous met dans la peau d’un personnage racisé victime, entre autres, de violences policières et de xénophobie latente, qui ne connaîtra pas spécialement d’ascension sociale autrement que par le crime. Sauf qu’au lieu de l’envisager comme un film noir interactif sombre et sérieux, Rockstar veut que l’aventure de CJ soit (très) divertissante, et défoule le joueur.

GTA San Andreas nous fait alterner entre un quotidien d’une banalité affligeante et des activités versant dans la pure folie.

La beauté est ailleurs
La première réplique de CJ une fois jouable est devenue un mème très populaire sur internet.

Dès que l’on prend pour la première fois le contrôle de CJ, éjecté manu militari d’une voiture de police dans laquelle il n’était clairement pas en odeur de sainteté, on se sent littéralement comme largué dans une grande ville où les activités seront innombrables. Il ne faudra pas jouer très longtemps à GTA San Andreas pour réaliser l’ampleur des possibilités de ce titre, infiniment plus variées que dans son prédécesseur, alors qu’on n’a pourtant fait qu’effleurer la surface de ce qu’il peut proposer. Pour rappel, en quelques heures seulement dans Los Santos et ses environs (les célèbres “Badlands” et Red Country), on aura déjà eu l’occasion d’explorer un terrain bien plus vaste que ce que proposait l’intégralité de Vice City. Le terrain de jeu est immense, mais il est surtout bien rempli, avec de nombreuses missions et quêtes secondaires qui font drastiquement augmenter la durée de vie de l’ensemble. Mieux encore : alors que la puissance de plus en plus impressionnante des consoles de jeux vidéo entraîne une course à la performance, Rockstar fait de sacrées concessions techniques qui n’entravent pas le plaisir de jeu. GTA San Andreas n’est clairement pas le plus beau jeu de la PS2, très loin de là.

“On est p’têt pas beaux, mais on a des flingues, des grosses bagnoles et on va foutre un bordel mémorable !”

Et alors ? Dans la longue histoire du jeu vidéo, bon nombre de “game changers” ayant tout misé sur leur gameplay ou presque n’ont pas forcément cherché à briller plus qu’un autre sur le plan de la réalisation. À partir du moment où l’environnement dépeint est cohérent, et s’offre une direction artistique propre, on a tendance à beaucoup plus pardonner les potentielles errances d’une production quand elle révolutionne son genre, ce qui sera le cas par exemple bien plus tard avec des The Elder Scrolls V : Skyrim ou surtout The Legend of Zelda : Breath of the Wild, deux pierres angulaires du monde ouvert moderne dont le niveau de réalisation et/ou de finition global sera clairement inférieur aux standards de leur époque. Bien avant ces deux mastodontes de l’histoire du jeu vidéo, GTA San Andreas a donné ses lettres de noblesse au jeu d’action-aventure en monde ouvert, sacrifiant un peu la technique tout en s’assurant de proposer un ensemble cohérent et surtout, divinement fun à jouer. Dans notre critique d’époque, où la notation se faisait par critères, c’était d’ailleurs la partie “graphismes” qui était clairement à la traîne :

Si le design, la richesse et l’envergure de San Andreas des villes sont des réussites indéniables, il faut en payer le prix par un niveau technique qui n’a pas changé depuis Vice City et GTA 3 et une quantité de bugs assez affolantes, de collision notamment. Gageons que Rockstar a fait ce qu’il a pu, mais il faut reconnaître que San Andreas est loin d’être le plus beau soft de la console. (…) C’est vrai qu’il fait pâle figure, peine à voir parfois même, que certains détails agaçants l’entravent toujours comme sa visée encore pénible ou son IA déroutante mais bigre, quelle grandeur il a ce San Andreas.

– Dinowan, test de Grand Theft Auto : San Andreas, octobre 2004

Gangsta’s Paradise
Tagger les murs est une des innombrables activités possibles dans un jeu qui n’en manque pas.

Fin 2004, il aurait vraiment été dommage de passer à côté d’un titre d’une telle envergure. Là aussi, Dinowan avait parfaitement résumé l’attrait unique dont disposait la production de Rockstar dans la conclusion de son test : « Rockstar a une fois de plus réussi un coup de maître en livrant au monde un jeu aux milles facettes qu’il est impossible de résumer. » Il faut bien l’admettre, il n’est en effet pas évident de faire un tour d’horizon rapide des innombrables possibilités offertes par Grand Theft Auto : San Andreas. Pour l’époque, très peu de jeux vidéo, voire peut-être aucun, ne proposent une telle diversité de gameplay, entre les phases d’action, de tir, de conduite, d’exploration, tout en jouant encore une fois sur cette dimension quelque peu RPG rendant l’ensemble encore plus immersif. Carl Johnson est à cet instant le personnage le plus complet jamais écrit par Dan Houser, et l’énorme risque pris par Rockstar de faire incarner un avatar racisé s’avère en fin de compte plus que payant. L’identification à ce jeune homme prêt à tout pour son honneur et celle des siens est totale, et l’empathie est bien présente, mais pas qu’en sa faveur. D’une manière générale, tout le “crew” de Grove Street, mais aussi la quasi totalité des personnages du jeu bénéficient d’une écriture vraiment soignée, avec beaucoup d’humour et de sarcasme, pour un résultat d’ensemble mémorable.

Comment ça, faire du vélo c’est pas gangsta ? Attendez de voir CJ faire des wheelies dans Los Santos.

En prenant le pari plutôt risqué d’un jeu vidéo à l’ambiance hip-hop sous le soleil californien, à la fois géographiquement opposé de l’univers de GTA 3 et de Vice City que dans l’esprit, Rockstar décide tout simplement de passer du monde noir des mafieux et de leurs valises remplies de cocaïne à celui plus bling-bling, aux illusions noyées dans les volutes de fumée des joints qu’enchaîne la jeunesse défavorisée de Los Santos. Là où le chef-d’œuvre de 2001 consistait, selon le producteur Sam Houser, en la rencontre entre The Legend of Zelda et “Les Affranchis” (sic), il n’est plus question ici de gangsters mais de gangstas. Éloge de la vie de rue, du street art, de la junkfood et du cannabis, GTA San Andreas est encore plus politiquement incorrect que ses prédécesseurs, mais dresse avec brio le portrait d’une frange marginale de la population qui ne pouvait pas trouver de meilleur coup de projecteur. S’il n’a pas pour autant résolu les problèmes sociaux qu’il dénonce en filigrane, le titre de Rockstar trouve un étonnant moyen de réconcilier tout un tas de joueurs avec le style des banlieues, en rendant le gangsta cool et à la mode. Ce ne sera pas un hasard si Los Santos est restée la ville la plus populaire de la série, et que GTA V y prendra à nouveau place avec le succès que l’on sait…

Plus encore que Liberty City ou Vice City, Los Santos est une des cités les plus emblématiques de l’histoire du jeu vidéo.

J’étais à San Andreas, et toi ?

En se lançant dans GTA San Andreas fin 2004 ou en 2005, on prend part à une véritable aventure complète, remplie de rebondissements, dont la complétion à 100% est aussi longue qu’exaltante, cheat codes activés ou non. Exceptée la liste de trophées/succès, qui sera rajoutée dans les futurs portages, le jeu de Rockstar ressemble rétrospectivement à s’y méprendre à une grande quantité de mondes ouverts qui lui succéderont. Dans sa structure, ses mécaniques de progression, la répartition de ses quêtes entre les principales et les annexes, c’est un jeu vidéo moderne, presque en avance sur son temps, et dont l’influence allait être encore plus évidente en jouant à ses rééditions (pourtant jamais vraiment améliorées techniquement), et en le comparant à tout un tas de mondes ouverts. Grand Theft Auto : San Andreas est tout simplement de la race des “game changers”, ces jeux rares comme il n’en sort pas forcément ne serait-ce qu’un par an, et c’est en partie pour cela qu’il a tant marqué les esprits en son temps. Ce n’est pas pour rien qu’il a posé les standards d’une licence qui peine à proposer davantage de contenu solo dans des épisodes finalement aussi longs à compléter (que ce soit à 100% ou non, si l’on en croit les estimations de How Long to Beat). Un OVNI clairement en avance sur son temps…

Bien plus conséquent que ses modèles, GTA San Andreas est aussi long à finir (à 100% ou pas) que ses deux héritiers.

Puisque l’on parle de son époque, GTA San Andreas en est par ailleurs un excellent reflet. Probablement bien plus complètement insouciant que véritablement irrévérencieux, il incarne un jeu vidéo pensé avant tout pour le fun en surface, rempli de cette satire succulente tellement maîtrisée mais jamais caricaturale. Porté par une des meilleures sélections de l’histoire des bandes originales (il faut dire que le contexte musical de 1992 y contribue beaucoup), il se pose tout simplement en jeu ultime à posséder dans une ludothèque au milieu des années 2000, celui que tout possesseur de PS2 se doit d’avoir. Il est tout simplement un des produits de consommation essentiels de son époque, au même titre que le DVD ou le baladeur mp3. Dans un autre registre, GTA San Andreas a d’une certaine manière indirectement symbolisé la perte de vitesse de Nintendo au cours d’une génération qui a vu le constructeur japonais se remettre grandement en question, avant de renaître avec la Nintendo DS. Aucun opus de la trilogie Rockstar n’est sorti sur Game Cube, là où GTA 2 avait eu droit à sa version Game Boy Color, tandis que la Game Boy Advance avait eu son propre opus inédit. Il faudra d’ailleurs attendre l’arrivée de la très controversée “Trilogy Definitive Edition” en novembre 2021 sur Nintendo Switch pour que ce chef-d’œuvre essentiel dans l’histoire du jeu vidéo soit enfin jouable sur une console Nintendo, qui après tout enchaîne les portages de chef-d’œuvre et avait bien besoin d’ajouter celui de Rockstar à sa riche collection.

Malgré son succès, GTA San Andreas restera entaché par la polémique du mod “Hot Coffee”.

Enfin, pendant que l’on parle de controverse, comment évoquer GTA San Andreas sans revenir sur la plus grande polémique l’ayant entouré ? Le succès incroyable du jeu sera en effet partiellement entaché par le scandale du mod “Hot Coffee”, développé sur la version PC du jeu par un moddeur permettant d’accéder à un mini-jeu sexuel entre CJ et sa partenaire, supposé être retiré du titre d’après Rockstar Games. La réalité fut hélas tout autre, puisqu’il fut prouvé que ledit mini-jeu était également accessible dans les versions consoles du jeu, entraînant un véritable tollé qui déboucha sur sa reclassification, de “Mature” (17 ans et plus) à “Adults Only” (21 ans et plus) aux États-Unis, jusqu’à l’interdire à la vente en Australie, faute de classification adaptée à la situation. Toutefois, le mal étant fait, la situation ne fit que contribuer encore davantage à la popularité du jeu, aux allures de fruit défendu. D’une certaine manière, il n’avait pas besoin d’une meilleure publicité que d’un bon vieux scandale passé à la postérité, histoire d’assoir un peu plus son statut de légende…

Démesurément fun, au plaisir de jeu constamment renouvelé, dans un monde ouvert aux dimensions incroyables quitte à sacrifier la qualité de la finition, Grand Theft Auto : San Andreas avait tout compris au jeu vidéo. En perfectionnant les acquis d’une licence en pleine expansion avec des GTA 3 et Vice City déjà de haute volée, Rockstar révolutionnait déjà à sa manière le monde ouvert il y a presque vingt ans, et son immense influence se ressent encore sur la majorité des titres du genre. Si la cérémonie des Game Awards avait déjà existé en 2004, alors GTA San Andreas aurait sans nul doute eu de grandes chances d’être élu “Game of the Year” malgré la concurrence très féroce de Half-Life 2, World of Warcraft et Halo 2, tous sortis dans un intervalle d’à peine un mois. Presque deux décennies après sa sortie, il demeure un monument absolu de l’histoire du jeu vidéo, dont énormément ont tenté de s’inspirer, pour très peu de succès aussi retentissants. Alors, joyeuse majorité à toi San Andreas, et va donc profiter de tout ce que tu as enfin le droit de faire à 18 ans pour fêter ça !

Grand Theft Auto / GTA : guides, astuces, cheat codes…

Sommaire de la soluce de Grand Theft Auto San Andreas

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